Lors du salon Watches and Wonders 2026, Patek Philippe dévoile deux garde-temps novateurs : une complication majeure avec la Cubitus Perpetual Calendar 5840P en platine, et une lecture poétique et pédagogique de la voûte céleste avec la Celestial 6105G-001. Deux créations qui illustrent la volonté de la manufacture genevoise de repousser ses propres limites esthétiques et techniques, tout en chérissant son héritage séculaire.
Deux expressions d’un même vocabulaire horloger
Lors de cette édition 2026 de Watches and Wonders, Patek Philippe a opté pour deux approches diamétralement opposées. D’un côté, la nouvelle Cubitus Perpetual Calendar 5840P vient enrichir la famille Cubitus en lui offrant sa toute première grande complication. De l’autre, la Celestial 6105G-001 poursuit la tradition astronomique de la maison avec un affichage subtil du lever et du coucher du soleil. Sur son site officiel, la manufacture décrit la Cubitus comme le premier mouvement complexe majeur de cette jeune collection, tandis que la Celestial est présentée comme une œuvre inspirée de l’espace, conçue autour du ciel étoilé visible depuis Genève. (patek.com)
Le contraste est saisissant : l’architecture répond au cosmos, la géométrie à la contemplation. Toutefois, ces deux pièces racontent une histoire commune. Patek Philippe continue d’explorer et d’éprouver les frontières de son langage stylistique, tout en demeurant d’une fidélité absolue à ses codes fondateurs. (patek.com)
La Cubitus s’affirme par la haute complication
Façonnée en platine, la Cubitus 5840P-001 reprend la silhouette carrée aux angles adoucis de la ligne lancée en 2024, mais lui insuffle une complexité mécanique que la marque réservait jusqu’alors à ses piliers historiques. Le boîtier, d’un diamètre de 45 mm en diagonale pour une finesse de 10 mm, garantit une étanchéité à 30 mètres. Une discrète piqûre de rappel : il s’agit d’un objet de pur prestige, et non d’une montre utilitaire. Le cadran bleu ajouré révèle la platine et les ponts squelettés du mouvement, dans une esthétique monochrome que Patek revendique comme inédite dans cette configuration. (patek.com)
Le mouvement, baptisé 28-28 Q SQU, est une évolution du classique calibre 240 Q. Composé de 313 éléments et 27 rubis, il offre une réserve de marche oscillant entre 38 et 48 heures pour une fréquence de 3 Hz. Ses prouesses incluent un quantième perpétuel, l’indication du jour, de la date, du mois, de l’année bissextile, un affichage 24 heures et les phases de lune. L’ensemble est animé par un rotor décentré en or 22 carats, complété par un échappement Gyromax et un spiral Spiromax. (patek.com)
Fait notable, le prix annoncé avoisine les 150 000 francs suisses. À ce niveau d’exigence, la dimension esthétique devient aussi primordiale que la virtuosité technique. La pièce ne cherche pas l’esbroufe de la nouveauté, mais s’impose par sa cohérence et son absolue harmonie. (patek.com)
La Celestial : une lecture didactique de la voûte étoilée
La Celestial 6105G-001 déploie une toute autre partition. Patek Philippe livre ici une pièce en or gris de 47 mm, puisant son inspiration dans l’esthétique des modules spatiaux, dotée d’un cadran en saphir qui restitue la carte du ciel genevois. Son calibre 240 C LU CL LCSO, fruit de plus de cinq années de recherche, a engendré six demandes de brevet actuellement à l’étude. (patek.com)
Ce cadran transcende la simple ornementation. Il indique avec précision l’heure du lever et du coucher du soleil en intégrant les variations saisonnières, la course apparente de la Lune et ses phases, le méridien, ainsi que la date par aiguille. Le mouvement automatique, pourvu d’un micro-rotor en or 22 carats, rassemble 426 composants, 51 rubis, et garantit une réserve de marche de 38 à 48 heures. (patek.com)
Comme le souligne Wallpaper, cette création s’inscrit parmi les lancements majeurs d’une collection 2026 riche de vingt nouveaux modèles. La manufacture élève une complication déjà iconique vers une dimension presque pédagogique. Plus qu’un instrument de mesure, le cadran devient une véritable clé de lecture astronomique, invitant son porteur à lever les yeux vers le ciel avec une attention renouvelée. (patek.com)
Ces deux lancements cristallisent parfaitement la philosophie de Patek Philippe en 2026. Tandis que la Cubitus vient asseoir la légitimité d’une ligne encore récente en l’adossant à une complication de haute volée, la Celestial prolonge la grande tradition astronomique de la maison. La manufacture genevoise chérit ses traditions, tout en se plaisant à les réinventer, quitte à bousculer parfois les certitudes de ses collectionneurs. (patek.com)
Il se dégage de cette démarche une évidence propre à la marque : ces montres refusent la facilité. Leur lecture exige du temps, de la concentration et une certaine disposition d’esprit. Dans une époque dominée par l’instantanéité, Patek Philippe s’obstine avec élégance à défendre la philosophie du temps long, en concevant des objets qui invitent à la pause, à la contemplation et à la réflexion. (patek.com)


