Véronique Nichanian a présenté sa dernière collection pour Hermès, marquant la fin d’une ère de discrète maîtrise, alors que la maison se prépare à accueillir Wales Bonner, la première femme noire à en prendre la tête en Europe.
Un adieu mesuré à une ère de discrète maîtrise
Véronique Nichanian a présenté sa toute dernière collection homme pour Hermès le 24 janvier 2026, lors d’un défilé qui s’est tenu au Palais Brongniart. Selon Le Monde et l’Associated Press, cet événement marque la fin d’une direction artistique qui a duré entre trente-sept et trente-huit ans , ce qui est plutôt rare dans le monde de la mode aujourd’hui. La présentation a rassemblé pas mal de personnalités issues du monde de la mode mais aussi du spectacle, notamment Paul Smith, Usher et Travis Scott, d’après l’AP et Business Today.
L’esthétique d’une signature
La collection a réaffirmé une façon bien précise d’envisager le vêtement : axée sur la précision, la praticité et une certaine sobriété. Les silhouettes mêlaient par-ci par-là des turtlenecks en soie, des pantalons en cuir et des manteaux en peausserie, avec quelques pièces d’archives, pour offrir un clin d’œil à l’histoire de la maison, souligne Le Monde. Hypebeast et Business Today ont relevé plusieurs éléments marquants, comme un costume en crocodile kaki, des combinaisons en cuir brun des années 1990, ou encore des costumes structurés en cuir marin datant de 2003. Quant aux touches d’orange et de jaune, elles venaient ponctuer la palette, sans pour autant la déborder , c’était plutôt discret, mais efficace.
Artisanat, longévité, et mise en perspective
Remettre en avant des pièces anciennes, c’est aussi une façon pour Nichanian de mettre en avant sa croyance en la durabilité dans la mode. D’après Le Monde, la sélection comprenait plusieurs cuirs différents , agneau, veau, cerf, crocodile , et des finitions particulièrement soignées. Certains experts décrivent ces choix comme incarnant le luxe discret, fondé davantage sur l’excellence technique que sur l’affichage ostentatoire. Cette démarche, selon eux, fait de cette collection une sorte de leçon sur la longévité des formes et des matériaux.
Un passage de témoin historique
Pour assurer la transition, Hermès a choisi Grace Wales Bonner , une décision annoncée en octobre 2025 et relayée par des médias comme Vogue et Le Monde. La créatrice britannique de 35 ans, issue de Central Saint Martins, va donc prendre la tête de la maison, et elle sera la première femme noire à diriger une grande maison de mode en Europe. Sa première collection pour Hermès est attendue pour janvier 2027. Ce changement ne s’inscrit pas seulement dans une logique d’héritage, mais aussi dans une volonté de réinterprétation culturelle, comme le soulignent plusieurs analyses.
Contrastes et attentes
Les observateurs ont salué le talent de Nichanian, tout en reconnaissant que le défi qui attend Wales Bonner sera de taille. Selon Le Monde et Vogue, elle possède une sensibilité intellectuelle et des références diasporiques qui pourraient élargir le vocabulaire stylistique d’Hermès, tout en conservant son savoir-faire artisanal. La grosse question restée en suspens : comment réussir à marier l’héritage immatériel, presque intangible, de la maison avec une vision plus contemporaine, plus ouverte sur le monde ?
Une fin et un commencement
La dernière collection de Nichanian a clairement agi comme une sorte de testament professionnel, illustrant surtout la constance d’une créatrice qui a défini le style masculin d’Hermès pendant plusieurs décennies. AP et Hypebeast ont vu dans ce défilé une véritable masterclass du chic informel ; de leur côté, Business Today a insisté sur la précision dans les détails et la diversité du casting. À l’aube d’une nouvelle étape, Hermès semble vouloir continuer à valoriser sa technique tout en étant curieux d’explorer de nouvelles voix. Le vrai défi se jouera en janvier 2027, quand Wales Bonner dévoilera sa première collection sous le nom de maison.
Source: Noah Wire Services
