Rebond du luxe : après la menace de Trump sur l’Iran, la mode se remet à respirer (et à espérer)

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Après la menace de Donald Trump de « détruire toute la civilisation iranienne », le cessez-le-feu qui a suivi a ouvert une lueur d’espoir pour une fin du conflit au Moyen-Orient. Le président américain et Téhéran ont accepté une trêve de deux semaines, ouvrant la voie à une première série de négociations qui se tiendra à Islamabad. L’accord a déclenché une vague de soulagement sur les marchés mondiaux, mettant fin, du moins pour le moment, à des semaines de ventes quasi ininterrompues : les prix du brut se sont effondrés tandis que les principales bourses internationales ont enregistré de fortes hausses. Et le secteur qui a réagi avec le plus de vigueur a été, sans surprise, celui de la mode et du luxe, avec des hausses frôlant les sept points de pourcentage.

Une envolée spectaculaire en Bourse pour les géants du luxe

À la Bourse de Milan (Piazza Affari), dès l’ouverture de la séance, l’indice FtseMib affichait une progression de 3,78 %, tandis que les entreprises du luxe surperformaient largement la moyenne : Moncler gagnait 7,69 % et Brunello Cucinelli 6,99 %. À Paris, LVMH, considéré comme un indicateur de référence pour le secteur, a enregistré une hausse de 6,37 %. Sur le CAC 40, les français Hermès (+6,79 %), Kering (+5,7 %) et EssilorLuxottica (+5,47 %) se sont également envolés. À Londres, Burberry a bondi de neuf points de pourcentage et, à Zurich, la holding de Cartier, Richemont, a enregistré une augmentation de 6 %. La tendance positive s’est maintenue tout au long de la matinée, avec Hermès, Burberry et Moncler en tête du classement des plus fortes hausses de la journée à la mi-séance.

Un rebond attendu après un premier trimestre difficile

Le rebond d’aujourd’hui doit être analysé dans le contexte d’un premier trimestre déjà tourmenté en soi, la guerre représentant une menace supplémentaire pour le luxe, par ailleurs confronté à une baisse de la demande et à des conditions de marché difficiles sur l’important marché chinois, en perte de vitesse après le boom post-Covid. Les actions des principaux acteurs, LVMH, Kering, Richemont et Hermès, avaient chuté de 10 % à 20 % depuis les premières attaques en Iran du 28 février, effaçant environ 100 milliards de dollars de capitalisation boursière. Ce chiffre est cité dans une note de la Deutsche Bank, selon laquelle il s’agit d’une « décote cyclique » avec des valorisations destinées à rebondir rapidement dès que les perspectives macroéconomiques s’amélioreront. La tendance baissière du luxe avait par ailleurs déjà marqué de forts replis au cours des six derniers mois : Hermès a perdu 18 %, LVMH 13 %, Kering 13 % et Prada 14 %.

Le Moyen-Orient : un moteur de croissance vital

Une donnée clé explique pourquoi le luxe est si sensible aux événements au Moyen-Orient malgré un poids numérique apparemment marginal. Le Moyen-Orient représente environ 6 % des ventes mondiales du luxe, mais fonctionne comme un moteur de croissance stratégique dans une période de stagnation sur les autres marchés principaux. Le retour des touristes fortunés dans le Golfe, qui constituent la part principale des dépenses de luxe dans la région, déclenchera probablement une reprise rapide des canaux duty-free et une réduction des coûts logistiques élevés associés à la guerre. Les analystes appellent toutefois à la prudence : cette trêve ne représente qu’une pause temporaire, et non une solution définitive au conflit.