Des licenciements touchant un tiers de la force de travail globale et une réorganisation des processus de production visant à réduire les coûts. C’est la décision prise par Alexander McQueen, propriété du géant du luxe Kering, pour faire face à la crise financière. La restructuration, rapportée par Reuters et confirmée hier par les syndicats, vise à atteindre le seuil de rentabilité après une chute de 60 % du chiffre d’affaires au cours des trois dernières années. Une période complexe pour la marque basée à Londres, qui avait déjà annoncé l’an dernier des suppressions de postes au sein de son bureau au Royaume-Uni, dans le cadre d’une révision stratégique plus large.
Un impact majeur sur les activités italiennes
La maison de couture emploie environ 180 personnes dans ses trois unités italiennes et, comme l’a communiqué la marque, elle « entame un processus de consultation formelle avec les syndicats pour ses activités en Italie ». « Cela s’inscrit dans l’effort mené à l’échelle du groupe pour ramener l’entreprise à une rentabilité durable au cours des trois prochaines années », a-t-elle ajouté.
Les syndicats, qui ont qualifié le scénario « d’urgence » après une réunion avec la direction de l’entreprise, rencontreront le 5 février prochain le PDG de Kering, Luca de Meo, arrivé à la tête du groupe en septembre dernier et appelé par François-Henri Pinault pour redresser les finances du colosse. Parallèlement, Kering a déclaré dans une note « soutenir pleinement McQueen dans sa transformation stratégique continue » et être confiant dans les mesures qui seront adoptées.
Le contexte difficile de Kering et les rumeurs de rachat
Plus largement, la crise chez McQueen, fondée par le créateur britannique Alexander Lee McQueen, reflète la période délicate que traverse Kering. Au troisième trimestre de l’année, le groupe de luxe français a enregistré un chiffre d’affaires de 3,4 milliards d’euros, soit une baisse de 10 % à taux de change courants (-5 % à taux constants). Au second semestre, le recul des ventes était de 18 % à taux de change courants (-15 % à taux constants). Sur les neuf premiers mois de l’année, il a généré 11 milliards d’euros de revenus, affichant une baisse de 14 % à taux de change courants et de 12 % à taux constants.
Quant à l’avenir de McQueen, il y a quelques semaines seulement, selon les informations de The Platform, des rumeurs circulaient sur un possible intérêt de la part d’OTB, le groupe dirigé par Renzo Rosso, pour l’acquisition de la marque.


