Déjeuner d’affaires à Londres : 6 adresses idéales pour conclure vos contrats
Qu’il s’agisse d’échanger avec des collaborateurs de longue date ou de tisser de nouveaux liens professionnels, le déjeuner d’affaires reste un atout majeur pour entretenir son réseau. C’est le cadre idéal pour affiner les contours d’un projet ou envisager de futures collaborations. À condition, bien sûr, de respecter quelques principes essentiels : la ponctualité est de mise, l’ordinateur portable doit rester au bureau pour laisser place à une conversation fluide et captivante. Enfin, le choix d’un établissement accessible et adapté au ton de votre rendez-vous est primordial.
En manque d’inspiration ? Voici six adresses incontournables dans la capitale britannique qui sauront combler les professionnels en quête d’une table d’exception.
1. Poon’s (Somerset House)
Amy Poon a fait ses premières armes dans le monde de la restauration au sein des établissements familiaux, dont le tout premier a vu le jour à Londres en 1973. Malgré le triomphe de ses parents – récompensés par une étoile Michelin –, elle s’était d’abord juré de ne jamais se lancer en solo, consciente des sacrifices personnels et des horaires éreintants que cela impliquait. Pourtant, la passion l’a emportée : l’envie de régaler les autres était tout simplement plus forte, presque viscérale.
Après avoir multiplié les événements éphémères remarqués, dont une résidence d’un an au Carousel, Poon’s s’est définitivement installé dans la nouvelle aile de la Somerset House. Ce magnifique espace aux hauts plafonds, habillé de superbes fresques murales, propose une carte joliment illustrée. On y retrouve avec délice les fameux wontons de la chef, ainsi que les plats emblématiques qui ont fait la renommée de ses parents.
À commander les yeux fermés : Le riz en cocotte aux viandes séchées, la salade de canard façon Covent Garden, les nouilles zha jiang de Lisle Street et le fameux « The Hill That Amy Didn’t Die On », un toast aux crevettes particulièrement élaboré, ajouté à la carte sur les conseils avisés de sa mère.
2. Simpson’s in the Strand (Covent Garden)
Si Jeremy King et Shayne Brady sont à l’origine de plusieurs institutions londoniennes de ces quinze dernières années, leur nouvelle aventure, Simpson’s in the Strand, s’inscrit dans un héritage vieux de près de deux siècles. Cet ancien club d’échecs métamorphosé en restaurant a ouvert ses portes en 1828. Depuis 1904, on y vient pour ses viandes rôties et ses Yorkshire puddings, servis de manière spectaculaire sur des chariots en argent. Contraint de fermer au printemps 2020, ce joyau de l’époque édouardienne a bénéficié d’une rénovation de grande ampleur suite à son rachat récent.
Aujourd’hui, l’établissement renaît de ses cendres et regroupe plusieurs espaces aux ambiances distinctes sous un même toit. Les convives peuvent naviguer entre le majestueux Grand Divan, le très théâtral Romano’s, l’intemporel Simpson’s Bar, l’élégant Nellie’s Bar ou encore une salle de bal intimiste.
Cette adresse reste d’une fidélité absolue à la gastronomie britannique, une règle d’or instaurée dès 1862. Plus d’un siècle plus tard, la tradition perdure avec des assiettes profondément ancrées dans le terroir anglais. Dans le Grand Divan, le rituel du bœuf du Devon découpé à table fait toujours son effet, tandis que le Romano’s offre une atmosphère plus feutrée avec des suggestions plus légères, dégustées sous le regard des portraits des dramaturges ayant autrefois fréquenté les lieux.
À commander les yeux fermés : Optez pour les généreux rôtis dans la grande salle ou préférez des créations plus modernes au Romano’s. Terminez votre rendez-vous au Nellie’s Tavern avec leur cocktail signature : le « peach melba sling ».
3. Mountain (Soho)
À l’angle de Beak Street dans le quartier de Soho, un imposant bâtiment en briques rouges abrite Mountain. Le charme de cette table d’inspiration espagnole opère immédiatement : on pousse une lourde porte en bois pour découvrir une salle parfaitement insonorisée, dominée par un magnifique comptoir en orme et sublimée par des boiseries d’artisan. Ce vaste espace lumineux réparti sur deux étages accueille une centaine de couverts dans une ambiance chaleureuse et feutrée.
En cuisine, le chef gallois Tomos Parry clame son amour pour les produits de la mer d’une fraîcheur irréprochable et les ingrédients d’exception. En s’inspirant du concept espagnol du « mar y montaña » (terre et mer), il livre une partition culinaire de haut vol. L’expérience se veut conviviale, rythmée par de petites assiettes à partager : sobrassada piquante, beignets d’ail des ours, brocoli sauvage et une omelette au crabe dont la texture frise la perfection.
À commander les yeux fermés : La caldereta au homard entier est un incontournable, tout comme les superbes arrivages de poissons. Les amateurs de viande se tourneront vers les magnifiques faux-filets. Quant aux palais plus aventureux, les ris de veau et les tripes offrent une excuse toute trouvée pour revenir s’attabler.
4. Sune (London Fields)
Posé à la lisière de l’effervescent Broadway Market, Sune s’intègre naturellement dans ce coin prisé de l’Est londonien. Fondé par le duo Honey Spencer et Charlie Sims, cet établissement joue la carte de la convivialité sans aucune prétention, et ce malgré le CV impressionnant de Sims, qui s’est autrefois illustré dans les rangs du mythique Noma. L’intérieur séduit par ses finitions brutes, ses planchers de bois, son bar en briques coiffé de zinc et ses grandes baies vitrées baignées de lumière.
Aux fourneaux, le chef Michael Robins imagine des bouchées très créatives : œuf confit reposant sur un généreux pavé de pomme de terre, ou encore des pâtes « strozzapreti » agrémentées de champignons marinés et d’un jaune d’œuf coulant. Côté sucré, une somptueuse poire pochée sur un lit de crème anglaise au chocolat blanc finira de vous convaincre. Une carte tellement réussie qu’elle appelle forcément de futures réservations.
À commander les yeux fermés : Le rouget, rehaussé d’herbes marines et présenté dans un bouillon aux notes fumées. Ne faites pas l’impasse sur l’accompagnement de pommes de terre grillées, nappées d’un voluptueux beurre noisette.
5. Camille (Borough Market)
Imaginé par Clare Lattin et Tom Hill, les créateurs de Ducksoup et Little Duck, Camille apporte un souffle de « cave à manger » provençale au cœur d’un quartier pourtant réputé pour la défense des produits purement britanniques. Au menu : terrine de pied de cochon moutardée et cornichons croquants, ainsi que de superbes assiettes de saison à partager (toast au crabe, pieds-de-mouton fondants, brocolis croustillants…).
La générosité des portions s’étend jusqu’aux desserts, qui méritent définitivement qu’on leur garde une petite place. Difficile de résister à leur tarte flambée au chalumeau reposant sur une parfaite pâte sucrée au beurre noisette.
À commander les yeux fermés : Faites confiance à l’ardoise ! La carte changeant au gré des saisons, elle réserve toujours de superbes surprises selon les arrivages du marché.
6. Sweetings (City of London)
La City est un quartier fascinant où les vestiges romains côtoient les gratte-ciel flambant neufs. Dans ce dédale financier grouillant la semaine, Sweetings, un discret restaurant de la mer d’une soixantaine de couverts ouvert en 1889, fait figure d’irréductible institution. Ici, on ne réserve pas, on ne commande ni thé ni café, et on s’attable uniquement la semaine pour le déjeuner. Les horaires, figés depuis le XIXe siècle, témoignent d’une véritable philosophie de résistance face à la frénésie londonienne.
Malgré tout, les habitués s’arrachent les places de cette adresse au charme patiné par le temps, entre boiseries anciennes et murs couleur crème, le tout rehaussé de nappes immaculées. Un service en gilet et cravate s’affaire sur le sol en terrazzo, apportant gravlax maison, huîtres et soles majestueuses. Dans la salle, le bruit des bouchons de champagne se mêle aux chopes en étain remplies de « black velvets » (un surprenant cocktail champagne-Guinness) appréciées par la clientèle d’affaires. C’est l’endroit parfait pour discuter en privé ou célébrer une poignée de main décisive.
À commander les yeux fermés : L’aile de raie et sa sauce aux câpres et beurre noir, les huîtres locales, la sole et l’iconique cocktail « black velvet ».


