Véritable réinterprétation d’une icône des années 1970, l’Amida Digitrend OSII Black allie audace visuelle et ingénierie mécanique. Une pièce de caractère destinée aux collectionneurs en quête de singularité horlogère et de design disruptif.
Un héritage qui défie les conventions
La renaissance de l’Amida Digitrend prouve qu’une création horlogère peut faire sensation sans verser dans l’artifice. Née dans l’effervescence des années 1970, cette montre affichait l’heure de profil grâce à une réflexion prismatique. Une lecture qui évoque davantage les compteurs d’une voiture de sport qu’un cadran traditionnel. Son âme demeure obstinément mécanique, quand bien même son esthétique flirte avec l’ère numérique.
Relancée en 2024 par Matthieu Allègre et Clément Meynier, la Digitrend préserve cette identité décalée qui forge son mythe. Elle s’inscrit dans l’âge d’or du design horloger des seventies, une époque poreuse aux influences de l’automobile et de l’électronique naissante – à l’instar de la Girard-Perregaux Casquette ou de la Bulova Computron. Amida a cependant privilégié une voie d’une plus grande exigence : matérialiser le temps par le ballet de disques mécaniques plutôt que par des cristaux liquides.
La maîtrise de l’obscurité
Avec l’OSII Black, la marque suisse corrige une lacune presque ironique pour une pièce de cette envergure : sa lisibilité nocturne. Sur une architecture à disques rotatifs, les chiffres demeurent occultés jusqu’à leur passage dans la fenêtre de lecture, rendant les applications luminescentes classiques inopérantes. La solution trouvée relève de l’ingéniosité horlogère.
Le module est désormais coiffé d’un capot en saphir monobloc qui diffuse subtilement la lumière. Les typographies, rehaussées de Super-LumiNova BGW9, s’accompagnent de délicats accents lumineux pour un éclairage optimal. L’effet n’est plus seulement spectaculaire ; il devient fondamentalement fonctionnel.
Une architecture sous haute tension
L’esthétique de cette OSII Black a été travaillée avec la rigueur d’un studio de design automobile. Le cadre du module, habillé d’un traitement noir DLC, est traversé par deux tubes évoquant distinctement un arceau de sécurité. L’intention est claire : la Digitrend s’éloigne des codes de la montre habillée classique pour adopter les lignes profilées d’un coupé fastback.
Le contraste avec les itérations précédentes marque une évolution vers l’épure. Les emblématiques chiffres orange cèdent la place à un blanc éclatant, souligné par de discrètes gravures orangées. L’objet gagne en sobriété tout en cultivant sa différence, maximisant ainsi la lisibilité de son affichage hors norme.
Mécanique de précision et parti pris radical
Sous ce module d’heure sautante développé en interne palpite un mouvement mécanique automatique Soprod. Avec une réserve de marche oscillant entre 38 et 44 heures, cette motorisation assure une fiabilité contemporaine à une complication d’une grande exigence technique.
Taillé dans l’acier inoxydable 316L, le boîtier affiche des proportions maîtrisées (39,6 mm de largeur pour 39 mm de longueur et 15,6 mm d’épaisseur) et garantit une étanchéité à 50 mètres. Strictement limitée à 150 exemplaires, l’OSII Black se décline sur un bracelet en acier ou sur une élégante sangle en Alcantara noir doublée de cuir orange. Il faudra compter environ 5150 CHF hors taxes pour cette dernière déclinaison, et 5500 CHF pour la version acier.
Loin de rechercher le consensus ou de se complaire dans une nostalgie facile, cette Digitrend s’adresse avant tout aux esthètes. Dans une industrie où le néo-vintage manque parfois d’audace, Amida livre une réinterprétation vibrante de son héritage. Pour une création née au temps où l’on rêvait l’avenir en lignes brisées, c’est assurément le plus bel hommage à ce futurisme d’antan.


