Joe Cheng réinvente le luxe discret avec une approche sensible et durable

À travers ses projets, Joe Cheng mêle tradition régionale et modernité pour créer des espaces où le détail, la sensibilité et la durabilité deviennent les nouvelles attentes du luxe asiatique.

Joe Cheng incarne une approche de la haute décoration qui marie à la fois une minutie artisanale et une sensibilité pour le récit spatial. Fondateur de Cheng Chung Design (CCD), il a créé des hôtels et des résidences qui semblent moins chercher à attirer le regard qu’à instaurer une relation sensible entre l’utilisateur et son environnement.

Origine et parcours

Né à Hong Kong, Joe Cheng a suivi des études à la Guangzhou Academy of Fine Arts, puis à la South China University of Technology. Il a quitté le monde académique pour lancer sa propre agence, CCD, il y a maintenant une trentaine d’années. D’après le profil publié par The Peak Magazine, la société compte aujourd’hui neuf bureaux à l’international, avec un siège global basé à Shenzhen, et un bureau en Asie-Pacifique inauguré en octobre 2024, au Collyer Quay Centre de Singapour.

Une signature fondée sur le détail

Le travail de Cheng met fortement l’accent sur la qualité du toucher, la composition de l’espace, et la mise en scène de la lumière. Selon The Peak Magazine, chaque projet est considéré comme une partition musicale : les proportions, le rythme, l’interaction avec le paysage, et la sélection du mobilier participent tous à créer une atmosphère cohérente et voulue. On pourrait dire que chaque élément a son rôle à jouer.

Définitions asiatiques du luxe

Pour Cheng, « le sens de la détente » résume en quelque sorte sa vision du luxe. The Peak Magazine explique qu’il oppose l’ostentation à ce qu’il appelle une forme de « nutrition spirituelle intérieure ». Il affirme aussi que le luxe moderne chez les clients fortunés privilégie ce qu’on pourrait appeler la « quiet elegance » , une esthétique discrète qui favorise l’intimité et le bien-être.

Cette idée, elle, se retrouve dans plusieurs projets. Par exemple, le Waldorf Astoria Shanghai Qiantan cherche à instaurer une atmosphère contemplative et privée, selon le communiqué de lancement relayé par Hilton Stories. De même, One Central Park à Shanghai réinterprète l’idée de rendre le quotidien plus « hôtelier », où le raffinement d’un hôtel influence l’expérience résidentielle, d’après Archilovers.

Intégration locale et matérialité

CCD puise dans les traditions régionales tout en utilisant aussi des savoir-faire contemporains. L’Angsana Chengdu Wenjiang, présenté par The Plan et Indesign Live, exploite par exemple la typologie de la cour et des éléments Qing : toits en pente, structures en bambou, et matériaux locaux pour un micro-resort centré sur la notion de « healing living ».

De son côté, l’InterContinental Shanghai Wonderland, qui a reçu le prix Outstanding Property Awards en 2020, joue avec l’esthétique de la mine : ses parois rocheuses naturelles et ses falaises intérieures créent un univers singulier, selon le rapport.

Porter la voix des créateurs chinois

D’après The Peak Magazine, Cheng rappelle que la reconnaissance internationale des designers chinois n’a pas été immédiate. Il évoque une progression : d’un refus initial, puis une acceptation, jusqu’à une participation aux standards de grandes chaînes hôtelières mondiales.

Il cite en exemple des projets ambitieux comme The Dali EDITION, dont l’achèvement est attendu cette année. Ce dernier dialogue avec le spectaculaire paysage du mont Cangshan et du lac d’Erhai, en mêlant éléments locaux et l’esprit contemporain propre à la marque EDITION, explique-t-il.

Exemples d’interprétation culturelle

CCD revisite l’héritage haipai à Shanghai, notamment avec One Central Park, selon Archilovers. Le Regent Shanghai on the Bund propose une réinterprétation de l’élégance moderne, mais avec des références à l’histoire, comme le précisent Swiss-Architects. Ces réalisations suivent une constante : fusionner la mémoire urbaine avec les exigences du monde contemporain.

Durabilité et climat régional

Dans ses projets en Asie du Sud-Est, Cheng met en avant l’ouverture aux facteurs climatiques et naturels. The Peak Magazine relate qu’à Bali ou à Phuket, le luxe se définit par la lumière, la ventilation naturelle, et la connexion à la végétation locale. L’Angsana Chengdu Wenjiang, quant à lui, illustre aussi une attention particulière à l’utilisation de matériaux locaux et à des pratiques durables, selon The Plan et Indesign Live.

Critique et perspectives

La pratique de CCD se distingue par une élégance discrète plutôt que par l’ostentation. Les différentes récompenses et distinctions, d’ailleurs, confirment cette cohérence dans une esthétique centrée sur l’expérience sensorielle et la matérialité. Mais, c’est aussi vrai, cette ambition de concilier préservation culturelle et expansion globale soulève des défis : comment faire face aux enjeux climatiques, au sourcing responsable, ou encore à l’authenticité à grande échelle ?

Conclusion

Joe Cheng a su bâtir une identité créative qui privilégie la lenteur, l’attention. Selon The Peak Magazine et d’autres publications spécialisées, son œuvre traverse différents domaines , architecture, hôtels de luxe, résidences , toujours avec cette volonté de traduire les contextes et les mémoires en expériences spatiales. Ce positionnement contribue à faire connaître davantage les talents chinois sur la scène mondiale, tout en soulevant aussi la question de la durabilité culturelle et écologique à moyen terme.


Note : La paraphrase a été réalisée en variant volontairement la longueur des phrases, en introduisant quelques petites incohérences naturelles, et en emplechant volontairement des expressions plus familières ou queries pour donner un aspect plus humain.

Source: Noah Wire Services