L’année 2025 est en baisse pour le Groupe Armani : chiffre d’affaires à -4,6 % mais la rentabilité s’améliore

Un chiffre d’affaires en baisse mais une rentabilité en hausse en 2025

Le Groupe Armani clôture 2025 avec une nouvelle baisse de ses revenus mais avec une amélioration de ses indices de rentabilité. Le chiffre d’affaires net a diminué de 4,6 % aux taux de change courants et de 2,8 % à taux de change constants, tombant ainsi à 2,19 milliards d’euros contre 2,3 milliards d’euros l’année précédente (à l’époque, la contraction des revenus avait été de 6 % aux taux de change courants et de 5 % à taux constants), des résultats que le groupe signale comme étant « en ligne avec la tendance générale du secteur de référence ». Le chiffre d’affaires direct de la marque, incluant les revenus générés par les licenciés, s’est établi à plus de 4 milliards d’euros. L’EBITDA a augmenté de 3,2 %, passant de 148 à 152,7 millions d’euros, tandis que l’EBIT a atteint 52,6 millions d’euros, également en amélioration par rapport à 2024.

Des résultats qui, comme le souligne Giuseppe Marsocci dans la note officielle, mettent en évidence la volonté d’« opérer au mieux dans le sillage stratégique indiqué par Monsieur Armani, avec une gestion saine et sans forcer, comme le confirment les composantes qualitatives de nos ventes, dans une optique qui pense au Groupe sur le long terme, non orientée vers la maximisation du profit immédiat ». Il ajoute ensuite être optimiste pour l’avenir car « aujourd’hui plus que jamais, l’identité de l’entreprise et de la marque se reflète dans les principes fondateurs que Monsieur Armani a établis dans son testament d’entreprise ». Un commentaire qui vise à rassurer le marché à un moment particulier pour l’entreprise, compte tenu de la fenêtre temporelle pour la cession de 15 % des parts à l’un des trois géants (LVMH, EssilorLuxottica ou L’Oréal). D’ailleurs, comme le souligne le manager dans une interview accordée à WWD peu avant la publication des données, il n’y a pas encore eu « de rencontres avec les trois acheteurs potentiels et il n’y a pas de tensions entre les membres de la famille ».

Un début d’année 2026 dans la continuité face aux défis du marché

Au premier trimestre de cette année, la tendance confirme la période de défi que traverse l’industrie de la mode qui, au regard des données déjà publiées par les grands acteurs, a connu un ralentissement généralisé de ses ventes, à quelques exceptions près. Ainsi, pour le groupe Armani également, les trois premiers mois de 2026 ont enregistré une tendance en ligne avec la même période de 2025, avec des fluctuations monétaires qui, souligne le groupe, devraient se stabiliser au cours de l’année. Les ventes du canal de vente au détail direct à taux de change constants ont augmenté de +3 %, « tandis que les commandes du canal de vente en gros restent en prudente réduction et consolidation », conformément à la stratégie en cours de sélectivité de la distribution.

Solidité financière et performances contrastées par secteur

Revenant aux données de 2025, la direction a souligné la solidité économique du groupe : au 31 décembre, les liquidités nettes s’élèvent à 596 millions d’euros et les capitaux propres consolidés s’établissent à 1,9 milliard d’euros, en légère baisse d’environ 3 % par rapport à la date de clôture précédente en raison des fluctuations monétaires enregistrées en 2025. Ce chiffre correspond à 51 % du total des actifs, « un pourcentage de ‘fonds propres’ qui confirme la très grande solidité financière du Groupe », précise le communiqué.

Il convient de souligner l’excellente performance de croissance à deux chiffres de la haute couture d’Armani Privé, ainsi que des ventes à plein tarif dans le segment de la mode, en particulier pour la ligne Giorgio Armani. Tendance positive également pour la division maison, hôtels, alimentation et boissons, « confirmant à la fois le dynamisme des segments de marché liés à l’expérience et la crédibilité lifestyle de la marque ». Un résultat qui n’a cependant pas réussi à compenser de fait le ralentissement des autres catégories phares du groupe. Du côté des canaux de distribution, les magasins en gestion directe ont enregistré une hausse de 2 % tandis que les canaux indirects, la vente en gros en tête, ont enregistré une baisse de 7 %.

Le dynamisme stratégique du marché asiatique

Sur le plan géographique, les tendances de 2025 par grande zone géographique (Europe, Asie et Amérique) à taux de change constants sont équilibrées sans différences substantielles. Comme le précise WWD, « en excluant l’Italie, qui représente entre 15 et 20 % des ventes, l’Europe, l’Asie et l’Amérique représentent chacune un tiers du chiffre d’affaires ». Dans ce contexte, l’Asie, ajoute le magazine américain, a fait preuve d’un « plus grand dynamisme » au début de l’année 2026 par rapport à l’année précédente, en particulier en Chine et au Japon. Actuellement, plusieurs opérations sont d’ailleurs en cours pour accroître la présence dans la zone asiatique, notamment en Chine qui pèse 10 % des revenus, avec l’ouverture prévue à Taïwan entre la fin 2026 et début 2027 d’un restaurant et d’une boutique Armani/Casa, ainsi qu’un magasin phare en collaboration avec SKP à Wuhan en octobre.

Une adaptation nécessaire aux mutations du luxe

« Notre attention, notre étude et notre évaluation du marché sont maximales en ce moment : nous sommes confrontés à un possible changement structurel de l’approche du luxe et de la mode de la part des consommateurs actuels et potentiels, dont il est indispensable de tenir compte », commente Marsocci. « Nous ne pouvons ignorer la nécessité de nous adapter à un contexte en mutation, poursuit-il. Nous sommes cependant optimistes car aujourd’hui plus que jamais, l’identité de l’entreprise et de la marque se reflète dans les principes fondateurs que Monsieur Armani a établis dans son testament d’entreprise. Ces valeurs, enracinées dans son modèle de beauté et d’élégance discrète et intemporelle, ainsi que l’idée d’une entreprise solide et prudente, s’avèrent extrêmement actuelles, voire plus pertinentes que jamais par rapport à l’époque que nous vivons. »