Richemont : l’éclat de la joaillerie fait bondir les ventes à 6,3 milliards d’euros au premier trimestre

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Richemont : L’éclat insolent de la haute joaillerie porte le groupe vers des sommets

Alors que le marché mondial du luxe traverse une période d’incertitude, le géant suisse Richemont semble évoluer dans une autre dimension. Pour le premier trimestre de son exercice décalé 2026 (clôturé fin juin), le groupe a pulvérisé les attentes du marché en affichant un chiffre d’affaires de 6,3 milliards d’euros. Cette progression de 17 % à taux de change courants (+20 % à taux constants) surpasse largement les prévisions des analystes qui tablaient sur une croissance plus modérée de 11 %.

La domination sans partage des maisons de joaillerie

Le moteur de cette réussite exceptionnelle reste, sans surprise, le pôle Joaillerie. Pour le septième trimestre consécutif, Cartier, Van Cleef & Arpels, Buccellati et Vhernier affichent une croissance à deux chiffres. Avec un bond de 21 % de leurs revenus pour atteindre 4,73 milliards d’euros, ces maisons iconiques confirment leur statut de piliers du groupe. Cette performance, supérieure de 11 points aux estimations initiales, illustre l’appétit insatiable des clients pour les pièces intemporelles et les pierres précieuses.

Le secteur de l’horlogerie spécialisée, qui avait montré des signes de ralentissement en début d’année, a également repris des couleurs avec une progression de 6 %, totalisant 873 millions d’euros. Enfin, la division Mode et Accessoires n’est pas en reste, affichant une croissance de 7 % sur la période, signe d’une dynamique positive globale à travers tous les segments du portefeuille Richemont.

Une résilience géographique qui rassure les investisseurs

L’un des points les plus marquants de ce rapport trimestriel est la capacité de Richemont à performer sur tous les continents. Les Amériques mènent la danse avec une hausse spectaculaire de 25 %, suivies de près par le Japon (+20 %). Malgré les inquiétudes persistantes sur l’économie chinoise, la région Asie-Pacifique affiche une santé robuste (+19 %), portée par un rebond à deux chiffres en Chine continentale, à Hong Kong et à Macao. Un signal fort qui dissipe, pour un temps, les doutes sur la solidité de la demande de luxe dans la zone.

L’Europe, de son côté, maintient son cap avec une croissance de 10 %, soutenue à la fois par une clientèle locale fidèle et par le retour massif des touristes nord-américains et moyen-orientaux. Même la région Moyen-Orient et Afrique, que l’on prédisait en déclin, est parvenue à arracher une légère croissance de 1 %, la consommation locale parvenant à compenser la baisse des flux touristiques liée au contexte géopolitique.

Une puissance financière renforcée et une Bourse euphorique

Cette solidité opérationnelle se traduit par une structure financière d’une rare puissance. La position de trésorerie nette du groupe s’élève désormais à 9,1 milliards d’euros, contre 7,4 milliards l’année précédente. Ce trésor de guerre a notamment été alimenté par la cession de sa participation dans Avolta (né de la fusion entre Dufry et Autogrill), une opération qui a généré un flux de trésorerie de 400 millions d’euros.

Les marchés n’ont pas tardé à saluer ces résultats de haute volée. À l’annonce des chiffres, le titre Richemont s’est envolé en Bourse, grimpant jusqu’à 6,5 % en séance. Pour les experts, ces résultats ne sont pas seulement une victoire pour le groupe suisse, mais un signal d’optimisme pour l’ensemble de l’industrie du luxe, portée par une joaillerie qui s’affirme plus que jamais comme la valeur refuge par excellence.