eBay a officiellement dit non à GameStop, rejetant une proposition d’acquisition de 56 milliards de dollars (environ 49 milliards d’euros) qu’elle a qualifiée de « ni crédible ni attrayante ». La décision, communiquée dans une note officielle, intervient après que Ryan Cohen, PDG de GameStop, a révélé son plan d’intégrer la célèbre place de marché américaine dans le but de défier la concurrence d’Amazon.
Une opération jugée trop risquée sur le plan financier
Le conseil d’administration d’eBay a examiné l’offre avec le soutien de consultants indépendants et a estimé que les risques financiers et opérationnels étaient trop élevés. La proposition, qui prévoyait une combinaison d’actions et d’espèces, a également suscité le scepticisme des analystes, d’autant plus que la capitalisation boursière de GameStop est inférieure à un cinquième de celle d’eBay. Pour mener à bien l’acquisition – qui pourrait faire grimper la valeur d’eBay à 100 milliards de dollars – GameStop devrait s’endetter de manière considérable par rapport à sa propre valeur marchande, qui s’élève à 11,9 milliards.
Il s’agit donc d’une proposition ambitieuse et, d’une certaine manière, risquée de la part du détaillant de jeux vidéo. Depuis 2023, avec la nomination de Cohen, GameStop a entamé un profond processus de restructuration comprenant la fermeture de centaines de points de vente et une transition progressive vers le canal numérique. Parallèlement, l’offre s’est élargie pour inclure des segments à forte marge comme les cartes à collectionner et le matériel rétro, des domaines où la demande reste soutenue.
Vers la menace d’une OPA hostile
En réponse à ce refus, Cohen a annoncé que, si le conseil d’administration d’eBay ne revoyait pas sa position, GameStop serait prête à lancer une offre d’acquisition « hostile », en s’adressant directement aux actionnaires de l’entreprise. Ce type d’offre, qui ne nécessite pas l’approbation du conseil d’administration, pourrait compliquer davantage une situation déjà complexe.
Le président d’eBay, Paul Pressler, a par ailleurs réitéré que l’offre de GameStop n’a pas été jugée « plausible », notamment à la lumière des risques liés à l’intégration des deux entités et de l’incertitude entourant le plan de financement. eBay a en outre souligné que la fusion aurait pu avoir des impacts négatifs sur la rentabilité à long terme et s’est dite « pleinement confiante dans sa capacité à générer une croissance durable grâce à l’équipe dirigeante actuelle ».


