Véritable oasis urbaine de Bangkok, le parc Lumphini fait peau neuve pour son centenaire.

Lumphini : Le poumon vert de Bangkok célèbre un centenaire éclatant

Les visiteurs séjournant au tout nouveau complexe hôtelier Andaz One, au cœur de Bangkok, découvrent d’emblée l’atout majeur de cet établissement de luxe : une vue imprenable et exclusive sur le parc Lumphini. Que ce soit en savourant un petit-déjeuner en terrasse, en faisant des longueurs dans la piscine à débordement ou en se prélassant dans la baignoire aux teintes émeraude d’une suite du 14e étage, le panorama sur le tout premier parc public de Thaïlande est omniprésent. Plus haut, le restaurant situé sur le toit offre une perspective dégagée vers l’ouest de la métropole, avec cette immense étendue verdoyante en premier plan. À l’heure dorée du crépuscule, il est impossible de ne pas s’émerveiller devant ce contraste saisissant entre la nature luxuriante et la jungle urbaine, un spectacle qui fascine même les résidents de longue date de la capitale thaïlandaise.

Un siècle d’histoire et une cure de jouvence urbaine

Ancienne propriété royale cédée à la population par le roi Rama VI, le parc Lumphini s’est offert une véritable cure de jouvence pour marquer son centième anniversaire. De multiples rénovations ont été orchestrées pour célébrer ce jalon historique. La tour de l’horloge d’inspiration chinoise, érigée lors de la création du parc en 1925 à l’occasion d’une foire commerciale, a notamment retrouvé de sa superbe grâce à de nouvelles couleurs. L’historique Lumphini Hall, vieux de soixante-dix ans, résonne de nouveau au rythme des danses de salon, tandis que les commodités ont été entièrement modernisées. Par ailleurs, l’ancienne passerelle rudimentaire menant au parc voisin de Benjakkiti a laissé place à une voie verte élégante et parfaitement conçue, pour le plus grand bonheur des joggeurs, des cyclistes et des parents en balade. Les propriétaires de chiens du quartier profitent même désormais d’un espace canin dédié, inauguré pour commémorer les 70 ans de la Chambre de commerce japonaise. Enfin, un nouveau pavillon de restauration de rue, pensé pour ravir les gourmands locaux, ouvrira prochainement ses portes.

Un microcosme bouillonnant au rythme des habitants

Au-delà de son esthétique de carte postale, Lumphini est un condensé vivant de la vie bangkokoise. On y croise aussi bien des seniors en pleine séance d’aérobic que les célèbres varans, ces impressionnants reptiles qui se prélassent paisiblement au bord des plans d’eau, une présence familière dans les espaces verts de la ville. Au détour d’une allée, les passants peuvent sourire devant la statue rendant hommage à l’aérateur Chaipattana. Cette roue à aubes atypique, inventée par le regretté roi Rama IX pour oxygéner et assainir les eaux stagnantes, peut surprendre les visiteurs étrangers. Pourtant, elle remplit une fonction écologique indispensable au quotidien, garantissant par la même occasion la bonne santé de la faune locale.

Considéré par de nombreux habitués comme l’un des plus remarquables parcs d’Asie, ce sanctuaire vert joue un rôle central dans le tissu social de Bangkok. Il vibre au rythme de ses visiteurs, de l’aube jusqu’à la nuit noire. Si les sportifs les plus matinaux (parfois rejoints par de hauts dignitaires ou des diplomates) s’y retrouvent dès 5 heures du matin, d’autres privilégient la douceur des fins de journée. Durant la saison fraîche, les concerts en plein air animant le kiosque du parc le dimanche après-midi sont particulièrement prisés. Pour les familles, l’endroit est un incontournable du week-end, avec ses aires de jeux ludiques, ses pédalos emblématiques en forme de canard, ou encore la petite ferme pédagogique installée lors de la grande foire annuelle de décembre.

Le défi persistant de l’accessibilité piétonne

Si ce tableau idyllique ne souffre que de peu de défauts, l’accès piéton au parc reste un véritable point noir. Récemment, de gigantesques complexes immobiliers ont vu le jour à sa périphérie, offrant depuis leurs sommets des panoramas exceptionnels. Toutefois, rejoindre les grilles du parc depuis ces nouveaux pôles d’attractivité relève souvent du parcours du combattant. Naviguer entre le trafic chaotique et les avenues saturées est une entreprise intimidante, particulièrement pour les jeunes enfants ou les voyageurs découvrant l’effervescence de l’Asie du Sud-Est pour la première fois. La circulation automobile y est bien plus redoutable que les paisibles varans du parc ! L’aménagement de passages souterrains sécurisés, de nouvelles passerelles piétonnes ou, a minima, de passages cloutés bien signalisés serait grandement bénéfique. Avec l’approche des prochaines élections locales estivales, l’actuel gouverneur de la ville, largement favori, semble d’ailleurs avoir gardé quelques projets d’infrastructures vertes sous le coude pour son potentiel second mandat, et ce, bien au-delà du majestueux périmètre de Lumphini.