Faites de Texture une source préférée sur Google pour nous soutenir
Ajouter Texture à GoogleLe nom s’affiche sans accent, respectant une volonté d’épure et de fidélité à l’usage que Paul Cezanne lui-même revendiquait. À partir du 23 septembre 2026, le Salon d’Honneur et les galeries du Grand Palais accueillent une exposition qui ne se contente pas de retracer la carrière du maître d’Aix. Intitulée « Cezanne et nous », cette proposition d’envergure, qui se tiendra jusqu’au 17 janvier 2027, explore la manière dont le regard de l’artiste a irrigué l’art moderne et continue de hanter la création contemporaine. Coproduite par le GrandPalaisRmn, le Centre Pompidou et les musées d’Orsay et de l’Orangerie, la manifestation déploie un corpus exigeant pour démontrer que l’influence de Cezanne ne s’est jamais tarie depuis la fin des années 1880.
Une généalogie de l’œil moderne
L’enjeu de « Cezanne et nous » dépasse la simple rétrospective monographique. Sous le commissariat conjoint de Claire Bernardi, directrice du Musée de l’Orangerie, et de Xavier Rey, directeur du Musée national d’art moderne, épaulés par Michel Gauthier et Jean-Rémi Touzet, l’exposition tisse des liens directs entre 69 œuvres de Cezanne et 105 créations signées par 78 autres artistes. Au total, le catalogue officiel répertorie 174 œuvres, bien que la communication grand public évoque parfois le chiffre arrondi de près de 180 pièces. Cette confrontation visuelle permet de saisir l’onde de choc provoquée par les recherches cezanniennes sur la structure, la couleur et la perspective.

La scénographie, confiée à l’architecte Pauline Phelouzat, met en scène ce dialogue à travers les décennies. On y croise les figures historiques de l’avant-garde, de Paul Gauguin à Henri Matisse, jusqu’à Pablo Picasso, dont on connaît la dette immense envers celui qu’il considérait comme son père artistique. Le parcours intègre également des perspectives plus radicales avec les géométries de Piet Mondrian et Kazimir Malevitch, ou encore les expressions tourmentées de Max Beckmann et Marsden Hartley.
La persistance de la Sainte-Victoire
Parmi les prêts majeurs qui ponctuent l’exposition, La Montagne Sainte-Victoire au grand pin (vers 1887), venue de The Courtauld à Londres, s’impose comme un pivot central. Elle illustre cette transition où le paysage cesse d’être une simple vue pour devenir une architecture de plans colorés. À ses côtés, des toiles emblématiques comme Les Joueurs de cartes (vers 1890–1895), prêtées par le Musée d’Orsay, ou le Portrait de Madame Cézanne, conservé au Musée de l’Orangerie, rappellent la rigueur analytique de l’artiste.

L’intérêt de l’exposition réside dans sa capacité à faire résonner ces chefs-d’œuvre avec des œuvres contemporaines ou plus tardives. Le visiteur pourra ainsi observer la filiation entre la décomposition de la lumière chez Cezanne et The Flowering Apple Tree de Piet Mondrian, daté de 1912 et provenant du Kunstmuseum Den Haag. Plus proche de nous, l’œuvre Lake II d’Ellsworth Kelly (2002) témoigne de la persistance de la leçon cezannienne dans l’abstraction américaine. Le spectre des influences s’étend également à des artistes aux univers variés tels que Joan Mitchell, Roy Lichtenstein, Bridget Riley, Georg Baselitz, Peter Doig ou encore Etel Adnan.
Informations pratiques et accès
L’accès à l’exposition au Grand Palais, situé au 17 avenue du Général Eisenhower dans le 8e arrondissement, est organisé selon des créneaux horaires datés. Le plein tarif officiel s’établit à 19,00 € au guichet de l’institution. Il est à noter que les réseaux de distribution partenaires proposent des billets au tarif de 20,50 €, frais de location inclus. Un tarif réduit de 16,00 € est accessible aux jeunes de 18 à 25 ans résidents de l’Union européenne, ainsi qu’aux étudiants de moins de 30 ans. La gratuité est accordée aux moins de 18 ans, aux bénéficiaires de minima sociaux, ainsi qu’aux personnes en situation de handicap et à leurs accompagnateurs.
Pour ceux qui souhaitent une plus grande flexibilité, une formule « Billet Liberté » permet un accès non horodaté, valable jusqu’au 3 janvier 2027. Le musée est ouvert du mardi au dimanche, de 10h00 à 19h30, avec une nocturne prolongée le vendredi jusqu’à 22h00. Le Grand Palais reste fermé tous les lundis.


