La collection SensiTerre de Florim, conçue en collaboration avec Matteo Thun, fusionne tradition artisanale et technologie de pointe pour offrir une céramique dont le toucher et l’aspect évoquent la chaleur de l’argile patinée, tout en répondant aux exigences de l’architecture contemporaine.
Une matière qui cherche la main sous la surface
Florim et Matteo Thun poursuivent ici une quête rarement formulée avec une telle constance : transformer une surface structurelle en un support vibrant, porteur d’une chaleur visuelle et d’une mémoire artisanale. Avec SensiTerre, l’approche atteint une nouvelle dimension. Le grès cérame y adopte la vulnérabilité apparente et la patine de l’argile, bien qu’il soit le fruit d’un procédé industriel hautement sophistiqué.
L’enjeu n’est pas de livrer une simple imitation de l’objet fait main, mais d’en préserver la tension originelle. La gamme se dresse comme un trait d’union entre la spontanéité du geste artisanal et la rigueur de l’architecture. Elle enrichit la famille Sensi, incontournable chez Florim, en instaurant un récit pointu autour de la matière, du toucher et de cette imperfection maîtrisée qui signe les grands classiques.
L’héritage de la terre cuite sublimé
SensiTerre revisite l’essence de l’argile en hybridant savoir-faire ancestral et innovation technique. La collection puise son inspiration dans les gestes anciens et l’empreinte laissée par le façonnage manuel. Le point d’ancrage de cette réflexion célèbre d’ailleurs le dixième anniversaire de « Venere Bianca », une série iconique de vases en terre cuite imaginée par Matteo Thun, Benedetto Fasciana et Bitossi.
Cette filiation n’a rien d’une coïncidence. Elle inscrit SensiTerre dans la grande lignée de la céramique italienne, des ateliers de la Renaissance à l’avant-garde du design contemporain. La palette des finitions fait également écho au cocciopesto romain, une référence subtile à l’archéologie matérielle mise au service d’un vocabulaire résolument moderne.
Une palette sourde pour des textures vibrantes
La collection se décline en six nuances : Cotone, Sabbia, Rosato, Mattone, Amaranto et Carbone. Leur seule évocation plante le décor. L’ostentatoire cède ici la place à des tonalités terreuses, naviguant entre matité poudreuse et densité minérale. La couleur semble avoir été tamisée par le temps, porteuse d’une empreinte immémoriale.
Quatre finitions structurent l’ensemble de la ligne. Naturale conserve l’authenticité d’une matité brute, tandis que Grana rappelle le mortier antique à base de brique pilée. Rigatino et Cannettato réinterprètent quant à elles les jeux de peigne et de gravure, héritage direct des vases d’origine. Il s’agit moins d’une reproduction que d’une transcription minutieuse, une traduction matérielle où l’échelle évolue sans jamais trahir le propos initial.
L’intelligence d’une surface sensible
Récemment couronnée par un Design Award décerné par le magazine Wallpaper*, la collection SensiTerre s’illustre particulièrement par son intelligence tactile. Cette distinction valide un mouvement de fond dans le design de revêtements : l’œil ne se suffit plus à lui-même, il faut convoquer la main, ou tout du moins l’idée du toucher. Florim évoque ainsi une surface pensée pour être effleurée du regard et observée du bout des doigts.
Cette philosophie séduit par son refus du décoratif littéral. Grâce à ses formats modulaires pensés pour les sols comme pour les murs, la gamme déploie une immense flexibilité, de l’écrin résidentiel aux projets architecturaux d’envergure. Si la sensibilité extrêmement travaillée du matériau peut parfois relever davantage de l’intention conceptuelle que de la stricte spontanéité, c’est sans doute le prix de l’excellence : capturer et figer ce que la main, par nature, laisse inexorablement échapper.


