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Ajouter Texture à GoogleSur les hauteurs de Telegraph Hill, là où les rues de San Francisco s’inclinent si brusquement qu’elles finissent par se transformer en escaliers, une petite bâtisse en bois des années 1850 défie le temps. Ce « captain’s cottage » vernaculaire, à l’architecture biscornue et au charme dégradé, est devenu au cours du premier semestre 2024 le point d’ancrage d’un nouveau chapitre pour Zac Posen et Harrison Ball. Le couple a quitté l’effervescence de New York pour s’installer dans la baie, suivant la nomination de Zac Posen, le 5 février 2024, aux postes de vice-président exécutif et directeur de la création de Gap Inc., doublés de la direction créative de l’enseigne Old Navy.
Leur arrivée à San Francisco marque une transition franche, tant professionnelle que personnelle. Pour Harrison Ball, ancien danseur étoile du New York City Ballet ayant fait ses adieux à la scène en 2023 pour se consacrer à la comédie, ce changement de décor s’est incarné dans une recherche immobilière presque fortuite. C’est sur la plateforme Zillow que le couple a repéré cette maisonnette historique, située à deux pas de North Beach. Malgré un état général que l’on pourrait qualifier de fatigué, la structure a immédiatement séduit par son asymétrie et ses volumes imprévisibles. Bien que locataires, Zac Posen et Harrison Ball ont obtenu l’accord de leur bailleur pour repenser intégralement l’atmosphère intérieure, faisant appel à un complice de longue date : le designer Ken Fulk.
L’esthétique de l’imperfection choisie
Loin des standards de rénovation aseptisés, l’intervention de Ken Fulk Inc. s’est concentrée sur la valorisation de la patine d’origine. L’approche décorative privilégie un style éclectique et bohème, puisant son inspiration dans l’esprit de la résidence de Ken Fulk à Provincetown. L’objectif n’était pas de gommer les irrégularités de ce bâtiment du XIXe siècle, mais de les souligner. Dans ce cadre « merveilleusement imparfait », chaque pièce a été pensée comme une superposition de textures et d’époques.
Le salon s’articule autour d’une pièce maîtresse : un canapé de velours écarlate qui apporte une densité chromatique contrastant avec le bois ancien des parois. Le mobilier ne provient pas de catalogues contemporains, mais d’une quête minutieuse dans les marchés aux puces et les boutiques d’antiquités de San Francisco. Cette démarche d’ancrage local permet d’intégrer des objets hétéroclites qui semblent avoir toujours appartenu au lieu, renforçant l’idée d’une maison habitée par le temps plutôt que par la mode.
La chambre à coucher suit cette même logique de singularité. On y trouve un lit en faux bambou datant des années 1930, dont la structure légère et graphique dialogue avec la simplicité du cottage. Des tapis persans aux motifs denses recouvrent les sols, ajoutant une couche de confort et de profondeur historique à l’ensemble.
Une galerie intime et un jardin sauvage
L’aménagement intérieur fait également office de trait d’union avec leur vie passée à New York. Les murs accueillent les œuvres de Stephen Posen, artiste peintre et père de Zac, dont les tableaux ont traversé le continent pour trouver leur place sur les collines de Telegraph Hill. Cette présence artistique confère une dimension hautement personnelle au projet, transformant une simple location en un véritable foyer patrimonial.
À l’extérieur, le dialogue avec la nature a été confié à l’instinct de Harrison Ball. Sans l’aide de paysagistes professionnels, l’ancien danseur a conçu, structuré et planté l’intégralité du jardin de manière autonome. Cet espace vert, qui entoure la maisonnette, complète la vision du couple : un lieu où la main de l’homme se fait discrète pour laisser s’exprimer la poésie du vernaculaire.
Bien que certains observateurs désignent Harrison Ball comme l’époux de Zac Posen, le couple avait officiellement annoncé ses fiançailles le 8 août 2022, sans qu’une communication formelle ultérieure ne vienne confirmer un changement de statut civil. Qu’ils soient fiancés ou mariés, leur collaboration créative sur ce projet résidentiel témoigne d’une vision commune. En investissant ainsi un bien en location, ils prouvent que l’architecture des années 1850, même marquée par les années, reste un terrain d’expression fertile pour le design contemporain le plus pointu. Le projet, finalisé courant 2024, illustre une tendance de fond : le luxe ne réside plus dans le neuf, mais dans la capacité à réenchanter l’existant avec une révérence assumée pour ses défauts.


