La ville de Guayaquil inaugure sa toute première salle d’art permanente, un écrin inédit destiné à sublimer les trésors jalousement gardés de ses réserves. À travers un parcours à la fois chronologique et conceptuel, ce nouvel espace met en lumière l’effervescence et l’évolution de la scène artistique locale, de l’aube du XIXe siècle jusqu’aux années 1970.
Un écrin né des réserves
C’est au cœur de Guayaquil que cette galerie permanente a ouvert ses portes en juin 2026, trouvant refuge au sein du majestueux Centre Culturel José Joaquín de Olmedo, l’ancien bâtiment de l’iconique Club de la Unión. Selon le site officiel de la municipalité et le quotidien El Diario, l’exposition dévoile 61 œuvres minutieusement extraites de la réserve technique de l’institution. (eldiario.ec)
Le concept est d’une élégante simplicité : révéler ces chefs-d’œuvre au grand jour tout en garantissant leur absolue préservation. La scénographie a été pensée sur mesure pour offrir un accès privilégié à des pièces jusqu’alors conservées à l’abri des regards, dans des conditions climatiques et lumineuses optimales. Cette collection de prestige rassemble principalement des toiles, aquarelles, huiles, caricatures et sculptures, soigneusement sélectionnées par l’institution. (guayaquil.gob.ec)
Une lecture inédite de la modernité locale
L’exposition invite à une déambulation temporelle et conceptuelle, articulée autour de trois sections majeures ponctuées de deux espaces de transition. Ce voyage visuel retrace l’histoire artistique de la fin du XIXe siècle jusqu’à l’effervescence des années 1970. Pour la municipalité, ce maillage curatorial permet de saisir l’essence de l’art moderne local, reflet direct des profondes mutations culturelles qui ont façonné la ville. (guayaquil.gob.ec)
La direction artistique a été confiée à Saidel Brito, artiste de renom et docteur en sciences de l’art, qui a pensé ce projet comme l’aboutissement de quatre années de recherches pointues. Une initiative saluée par la municipalité comme un tournant décisif dans le rayonnement et la gestion culturelle de Guayaquil. (guayaquil.gob.ec)
Sur les cimaises, les signatures d’artistes emblématiques tels que Bolívár Peñafiel, Oswaldo Guayasamín, Yela Loffredo et Eduardo Solá Franco dialoguent avec des pièces historiques issues de la collection municipale, illustrant avec force les prémices du modernisme local. (eluniverso.com)
Mémoire architecturale et démocratisation culturelle
Conçu comme un véritable levier d’ouverture culturelle, cet espace se veut accessible et fédérateur. Lors du vernissage, rythmé par les notes d’un quatuor de l’Orchestre philharmonique municipal, la conseillère Blanca López a souligné l’enjeu majeur de rendre ce patrimoine accessible au plus grand nombre. Le parcours s’enrichira par ailleurs d’une bibliothèque dédiée, réunissant ouvrages historiques, beaux-livres et précieux documents d’archives retraçant la mémoire visuelle de Guayaquil. (guayaquil.gob.ec)
L’adresse elle-même est empreinte d’histoire. Comme le rappelle El Universo, ce joyau architectural, édifié entre 1939 et 1944 par l’architecte José Antonio Gómez Gault, abritait autrefois le très mondain Club de la Unión, fondé en 1869. Les murs résonnent ainsi d’une riche mémoire sociale tout autant qu’esthétique. (eluniverso.com)
Fondé en 1908, le Muséum municipal de Guayaquil célèbre de son côté 116 ans d’engagement en faveur de la conservation du patrimoine. Installé rue Sucre, entre les artères Chile et Pedro Carbo, il attire chaque année près de 40 000 visiteurs venus d’Équateur et d’ailleurs. Si l’institution brille déjà par ses collections permanentes allant de l’histoire préhispanique à l’art sacré et contemporain, cette nouvelle aile vient parachever ce vaste panorama culturel. (web.guayaquil.gob.ec)
Cependant, un musée ne révèle sa véritable aura que lorsqu’il est habité par ses visiteurs. Avec cette galerie inédite, Guayaquil fait le pari réussi de métamorphoser un héritage endormi en un patrimoine vivant, vibrant et résolument partagé. (guayaquil.gob.ec)


