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Ajouter Texture à GoogleIl y a, au sommet de Casa Mar, plus de ciel que de maison. Les chiffres officiels le disent sans détour : 3 357 pieds carrés à l’intérieur, 3 500 pieds carrés sur le toit. Autrement dit, la terrasse qui coiffe ce penthouse de Miami Beach dépasse la surface habitable qu’elle surplombe. Environ 325 m² dehors contre quelque 312 m² dedans, si l’on convertit. À ce niveau d’inversion, on ne parle plus d’un appartement avec vue mais d’une plateforme ouverte sur l’Atlantique, dotée de quelques pièces en dessous. Inscrit sur le marché le 8 septembre 2026, le bien est proposé à 6 999 999 dollars, à un dollar près de la barre symbolique des 7 millions.
Un toit qui fait la loi
L’adresse tient en une ligne : 3739 Collins Avenue, dans le quartier de Mid-Beach, ce tronçon de front de mer que l’on surnomme « Millionaire’s Row ». Le penthouse réunit deux lots, PH601 et PH603, à l’angle sud-est de la copropriété The Caribbean. L’orientation compte, puisque c’est elle qui ouvre les balcons privatifs directement sur l’océan. Mais l’essentiel se joue un étage plus haut.
Le toit-terrasse a été pensé comme un lieu de vie autonome. On y trouve une cuisine d’été complète, un bar en pierre naturelle et une pergola, auxquels s’ajoutent plusieurs salons de réception disposés sur la surface. La vue court à 360 degrés sur l’Atlantique. Un tel programme dit clairement l’usage attendu : recevoir, dîner dehors, passer la journée en hauteur sans avoir à redescendre. Dans un climat où l’on vit à l’extérieur une grande partie de l’année, ces 3 500 pieds carrés pèsent sans doute davantage dans l’équation que la quatrième chambre.
La main d’une commissaire d’art
Ce qui distingue Casa Mar des autres penthouses du littoral tient moins à ses mètres carrés qu’à la personne qui en a signé l’intérieur. La direction artistique et la curation reviennent à Ximena Caminos, commissaire d’art et placemaker culturelle, cofondatrice de Faena Art. Son métier consiste d’ordinaire à fabriquer des lieux par la culture, à faire d’un quartier ou d’un bâtiment une destination. Ici, l’échelle se resserre à celle d’un appartement, et l’approche se lit dans le choix de traiter les murs comme des supports d’œuvres.
Les fresques ont en effet été peintes à la main, sur mesure, par l’artiste plasticien argentin Augusto Falopapas. Elles font de l’appartement un espace habité par une œuvre plutôt que simplement décoré. Côté structure, Ximena Caminos a travaillé avec l’architecte Galia Solomonoff, de l’agence Solomonoff Architecture Studio, sollicitée en conseil architectural. Ce duo explique la tonalité d’ensemble : des intérieurs colorés, assumés, qui tranchent avec la neutralité beige souvent de mise dans les résidences de bord de mer.
Une précision s’impose. La fiche commerciale associe le design et la curation à Ximena Caminos, mais elle ne détaille pas la propriété légale du bien. Rien n’indique, dans les éléments communiqués, si le penthouse est détenu en nom propre ou par l’intermédiaire d’une société, ni qui l’a occupé.
Onyx rose et plafond de miroirs
La palette de matériaux confirme un goût pour l’éclat maîtrisé. Au sol, du marbre blanc partout, sans interruption. Il sert de fond clair aux couleurs des murs et renvoie la lumière de l’océan. La cuisine repose sur un îlot et des plans en onyx rose, une pierre translucide dont les veines prennent vie à contre-jour, associés à des armoires en chêne blanc et à une quincaillerie en or rose. L’accord est cohérent : le rose de la pierre répond au métal, le bois pâle calme l’ensemble.

Dans le séjour, le geste le plus audacieux se trouve au-dessus de la tête. Le plafond est habillé de miroirs teintés couleur champagne. Sous des hauteurs déjà généreuses, décrites comme des plafonds cathédrale, le dispositif double visuellement le volume et diffuse une lumière dorée qui évoque davantage un bar d’hôtel des années folles qu’un salon contemporain. C’est un choix qui peut diviser, et c’est précisément ce qui lui donne du caractère.
L’appartement compte quatre chambres, quatre salles de bains complètes et un cabinet de toilette. La suite parentale dispose d’une salle de bain pensée comme un spa et d’un dressing réalisé sur mesure. La fiche n’en dit pas davantage sur la répartition des pièces, et nous nous en tiendrons là.
Une coque Art déco de 1941
Le bâtiment qui abrite ce penthouse n’est pas une tour de verre récente. The Caribbean a été conçu par L. Murray Dixon, l’un des architectes qui ont façonné le visage Art déco de Miami Beach, et construit en 1941. Il a depuis été reconverti et modernisé en copropriété de luxe. Cette filiation éclaire le parti pris intérieur : les miroirs champagne, le marbre, l’or rose dialoguent avec l’esprit d’un immeuble né à l’âge d’or du style, plutôt qu’avec les codes minimalistes des constructions neuves de Collins Avenue.
Les services de l’immeuble relèvent en revanche du standard actuel. Les résidents bénéficient d’un accès direct à la plage avec service dédié, d’une piscine à débordement où l’on sert au bord de l’eau, de cabanas privatives, d’un centre de fitness et de spa, ainsi que d’une sécurité d’accueil assurée en permanence. Deux places de parking couvertes sont rattachées à l’unité.
Ce que coûte le ciel
Rapporté aux 3 357 pieds carrés intérieurs, le prix de 6 999 999 dollars, soit environ 6,35 millions d’euros au cours de septembre 2026, ressort à quelque 2 085 dollars le pied carré. Il s’agit d’une estimation, et elle a ses limites : elle ignore totalement le toit-terrasse, qui constitue pourtant l’argument central du bien. Intégrer les 3 500 pieds carrés extérieurs ferait mécaniquement chuter ce ratio, ce qui dit bien la difficulté de comparer Casa Mar à un penthouse classique.
Le coût de détention mérite aussi d’être regardé en face. Les charges de copropriété s’élèvent à 7 353 dollars par mois, soit plus de 88 000 dollars par an. S’y ajoutent des taxes foncières annuelles de 60 599 dollars, sur la base de l’évaluation fiscale 2025. Au total, près de 149 000 dollars de frais fixes chaque année avant la moindre dépense d’entretien, un montant qui correspond à la gamme de prestations de l’immeuble et à la surface en jeu.
La commercialisation est confiée à Carl Gambino et Andrew Kardonski, de Compass Florida, au sein de The Gambino Group. Le bien figure sur le réseau MLS sous la référence A12084862. Trois semaines après sa mise en ligne, aucune information sur d’éventuelles offres ou sur l’avancement de la vente n’a été communiquée.


