Des chambres au rythme palpitant : le Bus Palladium, la mythique boîte de nuit parisienne métamorphosée en hôtel-boutique.

Le renouveau d’une icône des nuits parisiennes

Les propositions de nouveaux projets ne manquent jamais sur le bureau du duo d’architectes derrière Studio KO. Si toutes ne se concrétisent pas, l’idée de métamorphoser le légendaire Bus Palladium — une salle de concert mythique nichée dans le quartier de Pigalle — en un établissement hôtelier de six étages les a immédiatement séduits. « Se voir confier un chantier de construction de A à Z à Paris est une occasion qui ne se refuse pas », confie Karl Fournier, cofondateur de l’agence, lors d’une visite exclusive des lieux avant leur inauguration prévue pour le mois d’avril. « Jusqu’ici, la rareté des espaces vierges dans la capitale nous avait cantonnés à des rénovations intérieures, c’était donc une première. »

Une architecture pensée autour du son

Pour Karl Fournier et son associé Olivier Marty, ce projet dans un tissu urbain parisien particulièrement dense représentait surtout l’opportunité de sauvegarder un véritable monument local. Habitués à sublimer des bâtiments dotés d’une forte identité — à l’image de la Chiltern Firehouse londonienne ou du Musée Yves Saint Laurent de Marrakech qui ont fait leur renommée —, ils avaient à cœur de respecter l’âme des lieux. Haut lieu de la fête parisienne depuis son âge d’or dans les années soixante, le « Bus » ne pouvait être repensé sans sa dimension musicale. Conserver une scène s’est d’emblée imposé comme une évidence absolue.

Tout en gardant son empreinte historique, la salle de spectacle a été relocalisée en sous-sol pour libérer l’espace du rez-de-chaussée, désormais occupé par un restaurant, et aménager 35 chambres dans les étages supérieurs. Si l’insonorisation a été une priorité technique, les architectes ont refusé de cloisonner les ambiances, préférant faire de la musique le fil rouge de l’hôtel. Ainsi, les chambres sont équipées de systèmes audio de pointe signés OJAS, permettant aux clients d’écouter en direct les performances jouées dans le club en contrebas. Cette thématique vibrante se prolonge dans le restaurant, qui abrite une vaste collection de vinyles, et jusque sur la façade en béton, fièrement couronnée de l’emblématique enseigne au néon vertical d’origine.

Une atmosphère rétro-futuriste assumée

L’ensemble du projet s’imprègne de l’esprit canaille de l’ancien club, mais aussi de l’énergie unique de son quartier. « Nous ne sommes pas dans les beaux quartiers de la capitale où les codes classiques des grands palaces auraient du sens », souligne Olivier Marty. « Pigalle reste l’épicentre du monde de la nuit, nous voulions donc concevoir un espace festif, qui s’assume et ne se prend pas trop au sérieux. »

Une volonté qui se traduit par des choix décoratifs résolument audacieux : des moquettes rose bonbon dans les espaces de repos côtoient des motifs kaléidoscopiques dans les lieux de passage. Ces derniers constituent un subtil clin d’œil à Salvador Dalí qui, selon la légende des nuits parisiennes, aimait fréquenter l’établissement accompagné de sa panthère tenue en laisse. L’esthétique de la conquête spatiale vient parfaire le décor avec des tubes au néon, des rideaux jaune moutarde et divers éléments au charme rétro-futuriste. Mention spéciale pour les uniformes du personnel, qui accueille les visiteurs vêtu d’élégants costumes en velours côtelé marron confectionnés par la maison Husbands Paris.

buspalladium.com