Bangkok : Le tennis s’offre une cure de jouvence au Lobb Club
Alors que la folie du padel s’empare des capitales mondiales, Bangkok reste fidèle à ses premières amours : la petite balle jaune. Dans les quartiers huppés de la métropole thaïlandaise, posséder son propre court est devenu un marqueur social aussi puissant qu’une piscine à débordement. C’est dans ce contexte de ferveur sportive que The Lobb Club a vu le jour, redéfinissant les codes du club de sport traditionnel pour en faire le nouveau repaire de la jeunesse dorée et créative.
De Majorque aux rives du Chao Phraya
L’aventure commence loin de l’agitation de Sukhumvit, sur les terres ensoleillées de Majorque. C’est lors de vacances en Espagne que cinq amis, séduits par l’art de vivre méditerranéen mêlant sport et convivialité décomplexée, décident d’importer ce concept chez eux. Rejoints par deux autres associés, ce groupe de jeunes entrepreneurs a passé de longs mois à parcourir la ville avant de jeter son dévolu sur Yan Nawa. Ce quartier résidentiel du sud de Bangkok, en pleine mutation, attire désormais les cadres du quartier des affaires et les écoles internationales de renom.
L’esthétique industrielle au service du smash
Le projet a pris vie entre les murs d’un ancien entrepôt de métaux, transformé en un complexe aux couleurs vibrantes et à l’architecture audacieuse. Sous la houlette de Ruchchapa « Pung » Jaochakarasiri, diplômée en architecture et cofondatrice, le lieu jongle entre héritage industriel et modernité technologique. On y trouve deux courts de tennis, un terrain de pickleball — la discipline qui monte — mais aussi cinq simulateurs de tennis pour parfaire son revers à l’abri de l’humidité tropicale. Pour les plus courageux, un bain de glace attend les joueurs après l’effort.
Gastronomie et « Chill » : le Lobbar
Au Lobb Club, l’après-match est tout aussi important que le score final. Surplombant l’agitation des courts, le restaurant de l’établissement, baptisé le Lobbar, invite à la récupération gourmande. Loin des snacks insipides des complexes sportifs classiques, on y déguste une cuisine thaïlandaise authentique et réconfortante. Les habitués se pressent pour savourer un pad kaphrao (bœuf sauté au basilic sacré) relevé ou un khao khai khon, une omelette crémeuse servie sur un lit de riz parfumé.
Un succès qui ne fait que commencer
L’engouement est tel qu’obtenir un créneau horaire relève aujourd’hui du défi. Le club attire une nouvelle génération de joueurs rêvant de suivre les traces de Paradorn Srichaphan, l’icône nationale du tennis. Mais les fondateurs ne comptent pas s’arrêter là. Un bâtiment adjacent, encore vide, devrait prochainement être converti en centre de bien-être, complétant ainsi l’offre de ce lieu hybride. Face à cette réussite, des propriétaires terriens sollicitent déjà l’équipe pour dupliquer le concept ailleurs dans la capitale. À Bangkok, le tennis n’est plus seulement un sport, c’est un véritable art de vivre.


