La nouvelle ère de Marc Jacobs commence à se dessiner, et elle débute par la beauté. Dans une interview accordée au WWD, le créateur américain explique les prochaines étapes pour sa marque éponyme, qui vient tout juste d’entrer dans le giron de WHP Global et G-III Apparel Group après avoir été rachetée pour 850 millions de dollars (environ 731 millions d’euros) au géant du luxe LVMH.
Le (re)lancement de Marc Jacobs Beauty
Le créateur est prêt à (re)lancer Marc Jacobs Beauty en collaboration avec Coty Inc., déjà titulaire des licences de nombreux parfums de la maison, de ‘Daisy’ à ‘Perfect’. La première incursion dans l’univers de la beauté remonte à 2013 avec Kendo Brands, mais la ligne avait ensuite été fermée en 2021. « J’ai rencontré Yehuda Shmidman (fondateur, président et PDG de WHP, ndlr) il y a quelques mois et je l’ai trouvé vraiment très gentil. J’ai aimé le rencontrer et discuter avec lui, et il semblait porter un amour et un intérêt réels et sincères à cette entreprise », a expliqué le directeur artistique. « Il a acheté un flacon de ‘Daisy’ et la veille, il avait regardé le documentaire ‘Marc by Sofia’. J’ai eu un très bon pressentiment lors de cette première rencontre, et ce sentiment positif perdure. Il n’y a aucune garantie dans la vie, mais je sens que mon instinct est généralement plutôt fiable. »
De nouvelles ambitions pour la mode et le prêt-à-porter
Marc Jacobs évoque également les développements liés à la mode : « Qu’il s’agisse de Marc Jacobs ou de Marc by Marc Jacobs, ou de n’importe quelle autre version — nous avons indéniablement prouvé que nous pouvions être, et que nous aimions être, un grand nom dans ce secteur de la mode, ce que nous n’avons pas réussi à faire depuis l’époque de Marc by Marc », faisant ainsi référence au segment premium dont Marc by Marc Jacobs a été un acteur au succès fulgurant avant sa fermeture inattendue en 2015. « C’est un monde nouveau, une nouvelle époque, et il n’est pas nécessaire de retourner dans le passé pour aller de l’avant. Mais j’ai le sentiment qu’ils s’y connaissent très bien dans ce domaine, et moi non. Donc, avancer à leurs côtés donnera peut-être à notre entreprise l’opportunité de croître dans des secteurs où nous savons que nous pouvons réussir, et ils sont clairement convaincus que nous pouvons y arriver. »
Le maintien des défilés événementiels
Depuis plusieurs années, le styliste choisit d’organiser à New York des défilés détachés du calendrier officiel de la Fashion Week et à contre-courant du format « see now, buy now ». À ce sujet, Yehuda Shmidman semble disposé à ne faire aucun changement, en maintenant la collection des défilés, dont le positionnement prix est nettement plus élevé que le reste de l’offre de la marque. « Il m’a dit : ‘Nous aimons cette partie de l’activité et nous y croyons’. Ainsi, une part de ma confiance dans tout cela vient du fait que, sans même avoir à le convaincre, il était certain de vouloir conserver cette partie-là, et il voulait que je continue en tant que directeur créatif. »
Le maquillage comme outil d’expression sans frontières
Marc Jacobs Beauty fera ses débuts sur marcjacobs.com le 28 mai, suivi d’une exclusivité sur l’application Sephora le 31 mai, et sera disponible sur sephora.com aux États-Unis et au Canada, ainsi que sur selfridges.com à partir du 1er juin. La marque arrivera ensuite dans les boutiques Sephora aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et en Australie à partir du 1er septembre. Aux États-Unis, les prix varieront de 26 à 42 dollars. « J’aime travailler sur des projets qui impliquent un processus, et c’est à travers ce processus que l’on découvre l’histoire que l’on veut raconter. J’adore le maquillage en tant qu’accessoire. J’aime me plonger dans le monde des tutoriels, observer tous ces différents maquilleurs et passionnés, voir comment ils utilisent le maquillage pour s’exprimer. J’aime faire partie d’un processus créatif que je peux comprendre, et il y a un vrai parallèle avec la mode », raconte Jacobs, qui n’a pourtant pas de cible démographique précise en tête.
« Que vous me posiez la question pour les vêtements ou le maquillage, je vous donnerai la même réponse : je n’ai jamais compris ces questions sur les cibles démographiques. Je ne pense pas que si vous demandiez aux équipes de Chanel s’ils ont l’intention d’habiller un homme de 63 ans, ce serait leur but assumé ; pourtant je suis un de leurs bons clients. Je connais des personnes plus matures qui sont très expérimentales avec le maquillage, et je connais des jeunes qui sont très conservateurs. C’est pourquoi je suis toujours réticent à dire que c’est pour telle tranche d’âge ou pour telle personne, car j’aimerais croire que nous avons tous dépassé ce débat, et qu’il ne s’agit plus de garçons ou de filles, d’hommes ou de femmes, ou d’eux. C’est juste du maquillage, ça n’a pas de genre, pas d’âge. C’est du maquillage. Profitez-en si vous en avez envie. Point final. »


