Faites de Texture une source préférée sur Google pour nous soutenir
Ajouter Texture à GoogleÀ Los Angeles, le Museum of Contemporary Art (MOCA) vient de clore une séquence d’attente de plus d’une année. L’institution californienne a officialisé, le 24 septembre 2026, la nomination de Jonathan Abbott au poste de président-directeur général et directeur Maurice Marciano. Ce recrutement, issu d’une recherche internationale exhaustive menée par le conseil d’administration, marque un tournant stratégique pour le musée. En confiant les rênes à une figure majeure des médias publics américains, le MOCA fait le choix d’une expertise éprouvée en matière de gestion de structures complexes et de développement de ressources, à l’approche de son cinquantième anniversaire.
Un profil de gestionnaire issu des médias publics
Jonathan Abbott rejoint le MOCA fort d’une trajectoire de plus de trente ans au sein de l’audiovisuel public. Son parcours est indissociable de GBH, le fleuron des médias publics basé à Boston, qu’il a dirigé en tant que président-directeur général pendant quinze ans, de 2007 à la fin de l’année 2022. Avant d’occuper le sommet de la hiérarchie, il y avait exercé les fonctions de directeur général et de directeur des opérations. Son passage chez GBH a laissé une empreinte financière et structurelle profonde : sous sa direction, les actifs de l’organisme sont passés de 225 millions de dollars à environ 1 milliard de dollars. Cette solidité financière s’est accompagnée d’une capacité notoire à mobiliser les donateurs, illustrée par une campagne de levée de fonds ayant réuni 215 millions de dollars.
Ce profil de haut dirigeant, passé par les bancs de la Stanford Graduate School of Business où il a obtenu un MBA, ainsi que par l’Université Columbia pour sa licence en sciences politiques, dénote dans le paysage habituel des directions de musées, souvent issues du sérail de la conservation. Son expérience s’étend également au Public Broadcasting Service (PBS) et à la station KQED en Californie. En prenant ses fonctions au MOCA, effectives dès le 24 septembre 2026 selon les dispositions officielles du musée — bien que certains calendriers mentionnent la date du 26 septembre 2026 —, il apporte une culture de la direction d’équipes larges, ayant supervisé près de 800 employés à Boston avec un budget annuel de 225 millions de dollars.
Une gouvernance réorganisée pour une nouvelle ère
L’arrivée de Jonathan Abbott stabilise une structure de direction qui a connu d’importants mouvements ces derniers mois. Il succède à Ann Goldstein, laquelle assurait l’intérim depuis août 2025. Cette dernière avait repris la gestion courante après le départ de Johanna Burton en juillet 2025. Nommée en 2021, Johanna Burton a quitté la Californie pour prendre la tête de l’Institute of Contemporary Art (ICA) de l’Université de Pennsylvanie. Dans cette nouvelle configuration, Ann Goldstein ne quitte pas l’institution, mais évolue vers une fonction de conseillère auprès du nouveau directeur général.
La direction du MOCA s’appuie désormais sur un triumvirat aux compétences distinctes. Aux côtés de Jonathan Abbott, Carolyn Clark Powers assure la présidence du conseil d’administration. La dimension purement artistique et scientifique reste quant à elle sous la responsabilité de Clara Kim, conservatrice en chef et directrice des affaires curatoriales. Cette séparation des rôles entre la gestion exécutive, le développement institutionnel et la vision curatoriale semble être la réponse du musée aux défis de croissance et de rayonnement qui l’attendent pour la fin de la décennie.
L’enjeu de la stabilité institutionnelle
Pour le milieu de l’art à Los Angeles, la nomination d’Abbott est scrutée sous le prisme de la continuité. L’histoire récente du MOCA est marquée par une certaine volatilité de son sommet hiérarchique. Jonathan Abbott est ainsi le sixième directeur à prendre les commandes de l’établissement depuis 2008. Certains observateurs du secteur portent ce décompte à sept dirigeants si l’on inclut les phases de directions intérimaires. Ce roulement fréquent a souvent été commenté comme un signe des difficultés de l’institution à pérenniser sa gouvernance sur le long terme.
Le mandat qui s’ouvre ne manque pas de relief. Le MOCA se projette déjà vers 2029, année où il célébrera son 50ᵉ anniversaire. Fondée en 1979, l’institution doit préparer cet événement majeur tant sur le plan de la programmation que de sa santé financière. Les détails contractuels de l’engagement de Jonathan Abbott, qu’il s’agisse de sa rémunération ou de la durée précise de son mandat, n’ont pas été communiqués officiellement. Toutefois, la stature du nouveau directeur et son bilan en matière de capitalisation d’actifs suggèrent une volonté du conseil d’administration de bâtir un socle de ressources pérennes pour les cinquante prochaines années du musée.
L’expertise d’Abbott dans le domaine des médias, son réseau et sa maîtrise des grands leviers de financement public et privé constituent des atouts majeurs pour naviguer dans l’écosystème culturel de Los Angeles. Sa capacité à transformer une organisation média en une entité milliardaire à Boston sera sans doute le mètre étalon de son succès à la tête du MOCA. Alors que l’art contemporain exige des moyens toujours plus conséquents pour ses ambitions curatoriales, le choix d’un expert de la stratégie institutionnelle à la place d’un pur historien de l’art confirme une tendance de fond parmi les grandes institutions muséales internationales.


