Frasers Group accélère son offensive sur Hugo Boss
Le paysage du luxe européen s’apprête-t-il à vivre un tournant majeur ? Le géant britannique Frasers Group vient de franchir une étape décisive dans sa conquête de Hugo Boss. En exerçant des options de vente (put options) portant sur plus de 2,5 millions de titres, le groupe consolide sa position au sein de la griffe allemande, portant désormais sa participation totale à 30,28 % du capital et des droits de vote.
Ce franchissement de seuil n’est pas qu’une simple opération comptable. En dépassant la barre symbolique des 30 %, Frasers Group active mécaniquement les clauses boursières allemandes imposant le lancement d’une offre publique d’achat (OPA). Cette manœuvre s’inscrit toutefois dans un calendrier déjà bien engagé : le groupe britannique avait anticipé ce mouvement dès le mois de juin en déposant une offre officielle visant l’intégralité du capital de la maison de Metzingen.
Un bras de fer à deux milliards d’euros
L’ambition de Frasers Group est claire : prendre le contrôle total de Hugo Boss. L’offre actuelle, dont la période de souscription initiale court jusqu’au 27 juillet prochain, valorise les 74 % du capital restants à environ 1,98 milliard d’euros. Si l’opération aboutit, elle permettrait au conglomérat de Mike Ashley d’asseoir sa domination sur l’un des fleurons les plus rentables du prêt-à-porter haut de gamme mondial.
Cependant, le chemin vers une acquisition totale semble semé d’embûches. Un acteur de poids se dresse contre les velléités britanniques : la famille Marzotto. Détenteurs d’environ 14 % des parts, les actionnaires historiques italiens ont déjà fait savoir qu’ils n’avaient aucune intention d’apporter leurs titres à l’offre. Ce refus catégorique promet un bras de fer stratégique intense alors que l’échéance estivale approche à grands pas.


