L’hôtel OMO7 Yokohama du groupe Hoshino Resort offre une seconde jeunesse à l’ancien hôtel de ville.

De l’Hôtel de Ville historique à l’Hôtellerie de Luxe : La Renaissance de l’OMO7 Yokohama

Conçu à l’origine en 1959 par l’illustre architecte japonais Togo Murano, l’ancien hôtel de ville très apprécié de Yokohama vient d’achever une métamorphose spectaculaire. Sous l’impulsion du groupe Hoshino Resorts, cet édifice administratif iconique a été entièrement réinventé pour accueillir aujourd’hui l’OMO7 Yokohama, un établissement hôtelier d’exception comptant 276 chambres.

Un hommage architectural à l’encontre des standards modernes

Le vaste projet de réhabilitation a été confié à l’entreprise Takenaka Corporation, tandis que le cabinet Naruse-Inokuma Architects a supervisé le design et l’aménagement intérieur. L’objectif principal de l’équipe : sublimer l’héritage de Murano en conservant le maximum d’éléments d’époque. Yoshiharu Hoshino, à la tête du groupe hôtelier, souligne d’ailleurs le caractère unique du lieu : « Aujourd’hui, aucun promoteur immobilier ne concevrait un bâtiment avec de tels volumes. Un atrium immense et vide semble être un non-sens du point de vue de la rentabilité, mais c’est précisément ce qui fait la richesse de cet espace. L’intégration d’un escalier monumental prenant autant de place serait impensable de nos jours, pourtant l’atmosphère qui s’en dégage est incroyable. C’est l’imagination sans limite de Togo Murano qui a rendu ce projet possible. »

Design : entre nostalgie d’époque et touches contemporaines

Plutôt que de faire table rase du passé, les concepteurs ont redonné vie à de multiples détails historiques. Les poignées de porte, les anciennes horloges, les luminaires et les carrelages d’origine ont tous entamé une seconde existence pour se marier avec de nouveaux matériaux. « Nous nous sommes efforcés de restaurer et de maintenir les objets à leur emplacement initial dès que cela s’avérait faisable », précise l’architecte Jun Inokuma. Les rampes de l’atrium ont ainsi été réintégrées au décor, tandis que les fauteuils verts de l’étage ont bénéficié d’une restauration soignée. Les œuvres d’art publiques de l’ancien bâtiment municipal ont été sauvegardées et parfois déplacées pour être mieux mises en valeur. À titre d’exemple, la célèbre fresque en céramique du sculpteur Shindo Tsuji, baptisée « Mer, Vagues, Navire », trône désormais fièrement sur l’un des murs de la boulangerie de l’hôtel.

Des clins d’œil chromatiques et une identité locale forte

L’esthétique des nouveaux intérieurs s’articule autour de la palette audacieuse autrefois privilégiée par Murano. On y retrouve le vert symbolique de l’ancienne salle du conseil, le rouge vif du bureau de la présidence, ainsi que des carreaux muraux d’un bleu profond. Fait surprenant et résolument moderne, l’hôtel consacre l’un de ses étages exclusivement aux animaux de compagnie, offrant des espaces de couchage adaptés aux chiens et un salon de toilettage. Côté restauration, l’établissement met à l’honneur l’histoire culinaire multiculturelle de Yokohama. Le menu propose notamment des spécialités chinoises — en hommage au célèbre quartier de Chinatown voisin — ainsi que des plats de style yoshoku, cette cuisine japonaise savoureuse qui s’inspire largement de la gastronomie occidentale.

Un ancrage urbain au cœur d’un quartier en pleine mutation

Intégré à la gamme urbaine « OMO » de la marque, le chiffre « 7 » qui accompagne son nom garantit aux visiteurs une prestation haut de gamme complète. Le quartier qui entoure la bâtisse a lui aussi profité d’une profonde revitalisation. Désormais rebaptisé Basegate, ce secteur regorge de boutiques, d’espaces de restauration et de bureaux flambant neufs. De plus, Chinatown, la promenade du front de mer et le verdoyant parc de Yokohama ne sont qu’à quelques minutes de marche.

Fort de cette inauguration réussie, Hoshino Resorts s’attaque déjà à un autre défi patrimonial de taille : la reconversion de l’ancienne prison de Nara en hôtel de luxe. « Je mène un combat contre le design exclusivement dicté par la rentabilité de l’espace », confie le PDG. « Redonner une utilité et une valeur inédites aux bâtiments historiques reste notre arme la plus efficace face à cette tendance. »
hoshinoresorts.com

Yokohama : Une ville pionnière

Deuxième plus grande agglomération du Japon, Yokohama possède une identité intimement liée à l’ouverture du pays sur le monde au milieu du XIXe siècle. La métropole a d’ailleurs été le théâtre de nombreuses « premières » nationales. C’est ici que sont apparues la première crème glacée du pays ainsi que sa toute première brasserie commerciale (Kirin). Aujourd’hui, l’OMO7 s’inscrit parfaitement dans cette effervescence urbaine : une partie de l’établissement surplombe directement le gigantesque stade de baseball de la ville, fort de ses 34 000 places. Un panorama spectaculaire sur les matchs que les clients peuvent tout particulièrement apprécier, un verre à la main, depuis le bar aménagé sur la terrasse du toit.