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Ajouter Texture à GoogleUne montre de sport qui accepte de quitter le poignet pour la poche : c’est par cette liberté presque insolente que la Tissot PRX Skeleton Damian Lillard Special Edition trouve son caractère. La montre-bracelet intégrée est devenue, ces dernières années, l’un des terrains de jeu les plus disputés de l’horlogerie accessible. Tissot choisit ici de décaler les codes de sa PRX avec une pièce pensée autour du basketteur Damian Lillard, mais surtout autour d’un geste : porter le temps autrement.
Cette édition spéciale ne se résume donc pas à un cadran aux couleurs d’un athlète ni à une signature apposée sur une référence existante. Elle change d’échelle, de mécanique et d’usage. Avec son boîtier de 44 mm, son mouvement à remontage manuel et son kit de transformation en montre de poche, elle prend ses distances avec l’idée d’une PRX simplement revisitée. Le parti pris est franc : plutôt que de produire une variation décorative, Tissot donne à sa collaboration avec Lillard une physionomie propre.
Une PRX qui voit grand
Avec 44 mm de diamètre pour 11,2 mm d’épaisseur, cette PRX est la plus imposante de la collection. Même le chronographe PRX reste en deçà de cette présence au poignet. Ce format peut surprendre les amateurs de proportions plus contenues, mais il sert ici une ambition différente : faire de la montre un objet visible, presque scénique, à l’image de la personnalité associée au projet.
Le boîtier en acier inoxydable conserve une étanchéité à 100 mètres, soit 10 bars, et porte sur sa carrure l’inscription « Dame Time ». Ce surnom renvoie aux tirs décisifs qui ont construit la réputation de Damian Lillard, notamment dans les dernières secondes d’un match. Son retour sur les parquets après une blessure accompagne le lancement de cette référence, donnant un relief particulier à cette inscription. Chez lui, le poignet est aussi un signal : après certains tirs importants, Lillard le désigne du doigt. Cette montre est faite pour prendre place dans ce geste.
Le rapport entre Tissot et la NBA dure depuis plus de dix ans, tandis que le lien avec le meneur s’est déjà matérialisé par une PRX Powermatic 80 de 40 mm en PVD or. Cette première collaboration travaillait surtout les signes personnels. La nouvelle édition préfère changer la nature même de l’objet, et c’est ce qui la rend plus intéressante : elle ne demande pas au collectionneur d’être passionné de basket pour justifier son existence.
Le bordeaux comme fil narratif
Le bordeaux domine la pièce sans la rendre criarde. Il couvre le bracelet en caoutchouc, dont le relief reprend un motif de cagettes à lait. À première vue, il s’agit d’une texture graphique assez nette, qui donne du volume à une montre largement construite en acier. Mais ce dessin évoque aussi une histoire plus intime : les cagettes faisaient office de paniers improvisés dans la jeunesse de Damian Lillard.

Cette référence aurait pu rester anecdotique. Elle est au contraire bien intégrée à l’ensemble, car elle ne s’affiche pas comme un slogan. Le bracelet livre son histoire à ceux qui connaissent le parcours du joueur, tout en restant cohérent pour ceux qui n’y cherchent qu’une matière, une couleur et un relief. Tissot fournit également un bracelet supplémentaire en cuir bordeaux. Les deux options disposent de barrettes à changement rapide et d’un outil dédié.
Ce double équipement modifie réellement le registre de la montre. Le caoutchouc accompagne l’architecture sportive de la PRX et son étanchéité. Le cuir calme l’ensemble, sans faire oublier les 44 mm du boîtier. L’objectif n’est pas de faire passer cette pièce pour une montre habillée au sens strict, mais de lui permettre de circuler entre des contextes très différents sans changer de personnalité.
Un cadran ouvert sur la mécanique
Le cadran squeletté déplace le centre de gravité de la PRX. Sur cette édition, les rouages et l’architecture du mouvement ne sont pas relégués derrière un fond de boîte : ils deviennent une partie du décor. Les index facettés assurent la lecture, tandis que les aiguilles revêtues de Super-LumiNova maintiennent une fonction essentielle sur un cadran aussi ajouré : lire l’heure sans devoir chercher l’information.
Le petit compteur des secondes rassemble plusieurs éléments de l’identité Lillard. L’expression « Dame Time » l’entoure, et son aiguille prend la forme du monogramme de « Dame D.O.L.L.A », le nom d’artiste sous lequel le joueur évolue dans la musique. Il y a là une densité de signes qui aurait facilement pu produire un objet démonstratif. Le choix du squelette atténue pourtant cet écueil : les références personnelles se mêlent aux ponts, aux roues et aux volumes du calibre, plutôt que de s’étaler à la surface.
Le verso poursuit cette idée. Un verre saphir traité antireflet laisse voir le mouvement et reçoit la signature de Damian Lillard. L’ensemble assume une esthétique technique, mais ne tombe pas dans la surenchère d’une montre entièrement saturée d’indices sportifs. C’est précisément ce qui lui permet de dépasser le marché des objets de supporter.
Le retour du remontage manuel
Le choix mécanique est sans doute le geste le plus déterminant de cette édition. Tissot utilise un calibre manuel fondé sur l’ETA 6497, un mouvement réputé, ici doté d’une réserve de marche de 52 heures. Dans un univers où la PRX est largement associée à des mécanismes automatiques ou à quartz, cette décision change le rapport quotidien à la montre.

Remonter sa montre implique une pause, même brève. Sur un cadran ouvert et un fond transparent, ce rituel trouve une logique visuelle : le propriétaire ne se contente pas de remettre une réserve d’énergie en tension, il observe aussi la mécanique qui la distribue. Le calibre, souvent apprécié pour ses dimensions et sa lisibilité, répond par ailleurs au grand diamètre du boîtier. Les proportions ne cherchent pas à dissimuler la présence du mouvement ; elles l’utilisent.
Cette association entre une silhouette sportive à bracelet intégré et un mouvement manuel issu de l’univers des montres de poche donne à la pièce un léger décalage historique. Tissot ne le traite pas comme une nostalgie. Elle en fait un usage contemporain, presque modulable.
Du poignet à la poche, sans mise en scène forcée
Le point le plus inattendu se trouve dans le coffret : un étui de cuir et une chaîne permettent de convertir la montre en modèle de poche. Grâce aux barrettes à démontage rapide, le passage d’une configuration à l’autre peut se faire avec une relative facilité. Cette possibilité ne prétend pas annoncer le retour massif de la montre de poche dans les usages quotidiens. Elle introduit plutôt une alternative, disponible au moment où l’on souhaite déplacer l’objet hors du poignet.
La plupart des propriétaires conserveront vraisemblablement la PRX dans sa version bracelet. Et cela ne rend pas le dispositif superflu. Il donne à cette édition une plasticité rare, tout en rappelant que le mouvement retenu porte en lui cette filiation. Une montre de poche n’est plus une nécessité ; ici, elle devient une option de style et un prolongement naturel du calibre manuel.
Cette polyvalence est aussi ce qui sauve la collaboration du simple exercice de branding. Les références à Damian Lillard existent, du flanc gravé à l’aiguille des secondes, mais elles servent une proposition horlogère plus large : une grande PRX squelettée, manuelle, étanche et transformable. Le basketteur a lui-même résumé l’intérêt de la collaboration comme un moyen de grandir. Dans ce cas précis, la croissance est aussi littérale : la montre agrandit le territoire de la PRX.
Une référence à part dans la collection
De retour depuis cinq ans, la PRX est devenue un modèle central pour Tissot. Cette édition Damian Lillard indique que la collection peut encore sortir de son cadre sans perdre son dessin reconnaissable. Le bracelet intégré, le boîtier anguleux et la vocation urbaine demeurent, mais le remontage manuel, le squelette et la conversion en montre de poche déplacent la formule sur un terrain moins attendu.
Référencée T137.405.17.371.00, la Tissot PRX Skeleton Damian Lillard Special Edition est proposée à 1 720 livres sterling. Elle affiche les heures, les minutes et les secondes, avec un bracelet caoutchouc bordeaux et un second bracelet en cuir de la même couleur. Les détails de cette série sont disponibles sur le site de Tissot. Reste une montre volontairement hors format, conçue pour ceux qui préfèrent une PRX capable de changer de place plutôt que de rester à sa place.


