L’agenda de l’automne : les 10 expositions stars à découvrir à Paris

Bourse de Commerce Paris Barbara Kruger The History exhibition 2026
Photo © Ocula — via https://ocula.com/institutions/bourse-de-commerce-pinault-collection-paris/exhibitions/barbara-kruger-the-history-of-tears/

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À mesure que la lumière décline sur les quais de Seine, l’automne parisien s’affirme comme le carrefour névralgique de la scène artistique mondiale. Portée par l’effervescence d’Art Basel Paris, la capitale déploie cette saison une programmation muséale d’une densité rare, marquée par des célébrations centenaires et des redécouvertes majeures. De la rive droite à la rive gauche, les institutions revisitent les fondements de la modernité, du bicentenaire de la photographie aux résonances contemporaines du paysage, offrant aux collectionneurs et aux flâneurs un parcours où le dialogue entre les époques devient la règle.

La photographie et le paysage : l’heure des bilans historiques

Le calendrier automnal est rythmé par deux anniversaires de poids. À la Bourse de Commerce, l’exposition « Remember Me » célèbre les deux siècles de l’invention de la photographie à travers le prisme de la Collection Pinault. Ce déploiement colossal de 700 œuvres explore la persistance du regard à travers le temps. Si les documents institutionnels évoquent environ 70 artistes, d’autres analyses du fonds suggèrent la présence de plus de 80 photographes. Le parcours fait la part belle à Irving Penn, avec un ensemble impressionnant de près de 450 tirages, ainsi qu’à Raymond Depardon. Sous la coupole, la Rotonde accueille une installation monumentale de Barbara Kruger, intitulée The History of Tears / Untitled (Remember Me), qui vient bousculer la solennité du lieu. L’accès est fixé à 15,00 €, avec une nocturne gratuite le premier samedi du mois.

De son côté, le Musée Marmottan Monet commémore le centenaire de la disparition de Claude Monet (1840-1926). Sous le commissariat de Pierre Wat, l’exposition « Histoires de paysage : de Monet à Hockney » confronte le maître de l’impressionnisme à 69 héritiers spirituels des XXe et XXIe siècles. On y croise les visions de Munch, Soutine, Georgia O’Keeffe ou encore David Hockney. Un point de détail chronologique distingue cette présentation : alors que les documents préparatoires mentionnaient la période 1890-2025, l’affiche officielle du musée valide finalement une exploration s’étendant jusqu’en 2026. L’entrée s’établit à 14,00 € pour cette étape parisienne, avant que l’exposition ne rejoigne Grenoble au printemps 2027.

Irving Penn photography prints Bourse de Commerce 2026
Photo © Luxury.it — via https://luxury.it/remember-me-bourse-de-commerce-paris-700-works-photography/

Révisions modernes : de Schwitters à Cassatt

Le Musée national Picasso-Paris crée l’événement en consacrant, dès le 6 octobre 2026, une rétrospective d’envergure à Kurt Schwitters. Il s’agit de la première présentation de cette ampleur en France depuis trois décennies. Écartant les rumeurs d’une ouverture précoce en septembre, l’institution de l’Hôtel Salé réunit plus de 300 œuvres et documents, incluant des peintures, les célèbres collages et assemblages Merz, ainsi que des traces du Merzbau et de l’œuvre sonore Ursonate. Le génie du chaos organisé de Schwitters est ici mis en perspective avec les propres recherches formelles de Pablo Picasso. Le billet plein tarif est proposé à 16,00 €.

Simultanément, le Musée d’Orsay rend hommage à Mary Cassatt pour le centenaire de sa mort. « Le choix de l’indépendance » rassemble environ 80 œuvres, dont des pastels et une correspondance inédite, illustrant la liberté d’une artiste américaine ayant conquis Paris. Un moment fort de l’exposition réside dans la restitution documentée de Modern Woman, sa fresque disparue de 1893. Cette rétrospective, produite avec le concours de la National Portrait Gallery de Londres et du Museum of Fine Arts de Boston, est accessible au tarif de 16,00 € en réservation ligne.

La grande peinture face au temps : Zurbarán et le Tintoret

Le Musée du Louvre investit le Hall Napoléon pour une rencontre avec Francisco de Zurbarán. Cette rétrospective internationale, fruit d’une collaboration avec Londres et Chicago, présente 65 peintures. Au-delà des 50 toiles du maître, l’exposition inclut des travaux de son fils Juan et souligne l’influence de cette esthétique sur Manet ou Picasso. La présence de 23 sculptures polychromes espagnoles du XVIIe siècle apporte une dimension physique rare à ce parcours. Attention à la modulation tarifaire : si le billet s’élève à 22,00 € pour les résidents de l’Espace économique européen, il atteint 32,00 € pour les visiteurs hors zone.

Plus au nord, le Musée Jacquemart-André propose « Timeless Tintoretto ». Cette première rétrospective française couvrant l’ensemble de la carrière de Jacopo Robusti réunit 40 chefs-d’œuvre, venus notamment des Gallerie dell’Accademia de Venise. Le parcours démontre comment le Tintoret a fasciné des figures comme Cézanne ou Delacroix. Les tarifs, basés sur la grille habituelle du musée pour ses grands événements, oscillent généralement entre 17,00 € et 18,50 € selon les options de réservation.

Barbara Kruger The History installation Rotonde 2026
Photo © Hypebeast — via https://hypebeast.com/2026/10/barbara-kruger-bourse-de-commerce-pinault-collection-history-of-tears-installation

Nouveaux récits et figuration contemporaine

L’engagement pour une histoire de l’art plus inclusive se manifeste au Musée d’Art Moderne de Paris avec la première monographie muséale française de Kerry James Marshall. Intitulée « The Histories », l’exposition regroupe 70 œuvres réalisées entre 1980 et 2026, dont huit toiles inédites. L’artiste y poursuit son interrogation systématique sur la place du corps noir dans les canons de la peinture d’histoire. Le tarif plein est fixé à 17,00 €.

À la Fondation Cartier pour l’art contemporain, le ghanéen Ibrahim Mahama déploie une installation immersive titrée « Le Temps des récoltes ». L’artiste réinterprète les matériaux industriels et l’histoire de son pays à travers des sacs de jute, des éléments d’une ancienne usine de verre ou l’assemblage Parliament of Ghosts. Il invite à ses côtés neuf autres créateurs et collectifs, dont James Barnor et le CATPC. Le droit d’entrée est estimé à 11,00 €.

Pour une approche plus intimiste, la BnF Richelieu s’associe au Centre Pompidou pour explorer l’œuvre graphique de Louise Bourgeois. « Extrême tension » présente plus de 100 dessins, gravures et livres d’artistes, couvrant six décennies de création. L’exposition met en lumière le don de l’artiste à la Bibliothèque nationale en 1995, incluant la série Femme-Maison et l’ensemble sur tissu Extrême Tension de 2007. Le billet couplé BnF est proposé à 18,00 €.

Enfin, Lafayette Anticipations offre une parenthèse de douceur avec Yu Nishimura. L’exposition « Towards a Sea » rassemble une cinquantaine de toiles à l’huile et tempera, où le motif marin se mêle à la mémoire et au quotidien. Ce corpus, produit au cours de la dernière décennie, est présenté en accès libre et gratuit au cœur du Marais, jusqu’au début de l’année 2027.