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Ajouter Texture à GoogleLa Galleria Vittorio Emanuele II, ce « salon de Milan » où la verrière historique culmine au-dessus des mosaïques de marbre, s’apprête à devenir le théâtre d’une confrontation esthétique majeure. Le mardi 22 septembre 2026, à 20 h 00 CEST, la capitale lombarde donnera le coup d’envoi de la semaine de la mode féminine Printemps/Été 2027 avec le cinquième volet de Vogue World. Après New York, Londres, Paris et Hollywood, cette édition milanaise s’articule autour d’un axe conceptuel fort : « Where The Future Is Made By The Hand ». Il s’agit d’une exploration visuelle de la tension et de la synergie entre les métiers d’art traditionnels du « Made in Italy » et les technologies de rupture comme l’intelligence artificielle et la robotique.
Le spectacle, orchestré sous la direction générale d’Anna Wintour et de Francesca Ragazzi, responsable du contenu éditorial de Vogue Italia, s’annonce comme une fresque vivante de 38 minutes. La production exécutive a été confiée à Marco Balich, fondateur de Balich Wonder Studios et maître d’œuvre des cérémonies des prochains Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026. Cette collaboration souligne l’ambition de l’événement : transformer un défilé de mode en une performance pluridisciplinaire où la chorégraphie, la musique classique et la pop culture fusionnent sous la direction artistique de Juan Costa Paz.
Un dispositif numérique mondial et gratuit
Si l’accès physique à la Galleria est strictement réservé à un cercle d’invités et de professionnels de l’industrie, sans aucune billetterie ouverte au public, l’événement mise sur une accessibilité numérique totale. La retransmission en direct débutera précisément à 20 h 00 à Milan et Paris (soit 14 h 00 à New York et 11 h 00 sur la côte ouest américaine). Ce flux vidéo sera disponible gratuitement et sans abonnement sur plusieurs plateformes numériques mondiales. Les spectateurs pourront suivre le show sur le hub dédié de Vogue.com, ainsi que sur les sites de plusieurs éditions internationales, notamment en Italie et dans le monde arabe, ou encore via la plateforme de GQ.
Une diffusion simultanée est également prévue sur la chaîne YouTube officielle de Vogue, permettant une interaction en temps réel pour l’audience globale. Pour ceux qui ne pourraient pas suivre le direct, l’intégralité de la performance sera immédiatement accessible en différé sur ces mêmes canaux. Ce choix de la gratuité numérique contraste avec l’exclusivité du tapis rouge, où les rumeurs font état de négociations officieuses sur le marché noir atteignant 110 000 dollars pour une invitation, bien que l’organisation réaffirme qu’aucune place n’a été commercialisée de manière officielle.
L’artisanat face à l’intelligence artificielle
Le thème de cette année, « Where The Future Is Made By The Hand », place le geste de l’artisan au centre du récit, tout en le confrontant aux outils de demain. Lady Amanda Harlech, à la direction de la mode, a structuré le défilé en cinq actes distincts, mobilisant plus de 360 mannequins et artistes. L’ouverture sera assurée par Gigi Hadid, marquant le début d’une procession où se croiseront Vittoria Ceretti, Jennifer Lopez, Cardi B et Machine Gun Kelly. La mise en scène intégrera des éléments technologiques, notamment des robots intervenant sur la piste de défilé. Toutefois, au-delà de l’effet visuel lié à l’IA, les retours techniques indiquent qu’il s’agit d’unités préprogrammées ou télécommandées plutôt que de systèmes autonomes pilotés en temps réel par une intelligence artificielle.
La dimension culturelle italienne sera portée par des moments de grâce académique. Roberto Bolle, danseur étoile de La Scala, interprétera un solo sur un extrait de La Traviata, accompagné par un chœur d’une centaine d’enfants issus de l’Accademia Teatro alla Scala. Cette célébration de la transmission se conclura par une performance d’Alicia Keys, qui reprendra le titre « I Feel Love » de Donna Summer, hymne à la fois futuriste et intemporel.
Les « Memory Dresses » et l’héritage textile
Le point d’orgue stylistique de la soirée réside dans la présentation de huit « Memory Dresses », des pièces patrimoniales conçues spécifiquement pour l’occasion par les plus grandes maisons italiennes : Armani Privé, Bottega Veneta, Dolce&Gabbana, Fendi, Ferragamo, Gucci, Prada et Valentino. Ces créations incarnent la mémoire textile et le savoir-faire manuel que l’événement entend protéger face à l’automatisation. Le final se déroulera sous une pluie de 6 000 origamis délicats, imaginés par le collectif créatif LoveFrom.
Au-delà du spectacle, Vogue World 2026 s’inscrit dans une démarche de mécénat local. Les fonds collectés, dont le montant total a été annoncé à 3 000 000 USD (environ 2 650 000 €), seront intégralement reversés à la Ville de Milan pour financer la réhabilitation et la modernisation de la bibliothèque municipale de Quarto Oggiaro. Ce projet philanthropique, qui dépassé le montant plancher initialement garanti de 2 millions d’euros, vise à laisser une empreinte concrète dans le tissu social milanais après l’extinction des projecteurs.
Prolongations au Palazzo dei Giureconsulti
Pour le public présent physiquement à Milan, un dispositif complémentaire a été imaginé au Palazzo dei Giureconsulti, situé sur la Piazza dei Mercanti. Du 24 au 26 septembre 2026, le « Vogue Café Milano » ouvrira ses portes gratuitement. Cet espace temporaire permettra de visionner les images du spectacle et de s’immerger dans l’univers de cette cinquième édition sans nécessité de billet préalable. Cette initiative, soutenue par les structures de promotion de la ville comme Milano&Partners, offre une passerelle entre l’événement privé et l’espace urbain, prolongeant la réflexion sur le futur de la création italienne.


