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Ajouter Texture à GoogleL’humidité de Manhattan en septembre a trouvé un refuge singulier dans un sous-sol de NoHo. Pour une nuit seulement, ce qui n’était qu’un espace brut s’est métamorphosé en un sanctuaire de la vie nocturne new-yorkaise du début du millénaire. L’occasion était celle du lancement du numéro spécial style de Vanity Fair, un événement orchestré en pleine Fashion Week de New York qui a choisi de regarder dans le rétroviseur pour mieux définir l’allure contemporaine. En recréant l’atmosphère du mythique Bungalow 8, la soirée a transformé une adresse éphémère en un portail temporel vers l’année 2001.
Une scénographie éphémère à NoHo
Le choix d’un sous-sol dans le quartier de NoHo pour cette reconstitution n’est pas anodin. Loin des structures lisses de l’hôtellerie moderne, le lieu a subi une transformation intégrale pour capturer l’esthétique précise du club original. L’installation de palmiers, élément signature du décor de 2001, a immédiatement imposé une rupture avec le paysage urbain environnant. Cette scénographie rendait hommage au concept initial d’Amy Sacco, la fondatrice du Bungalow 8 à Chelsea, qui avait imaginé son établissement comme un écho aux bungalows du Beverly Hills Hotel.
Le décor, bien que temporaire, a réussi à restituer cette tension particulière entre le luxe californien et l’exclusivité new-yorkaise. Les invités, un cercle restreint composé de figures de la mode et de la scène culturelle, ont évolué dans une mise en scène conçue pour durer le temps d’une célébration unique. L’accès à cet espace était strictement réservé aux détenteurs d’invitations, préservant ainsi le caractère confidentiel qui faisait autrefois la renommée de l’adresse de Chelsea.
Les sœurs Hilton et l’esprit des « noughties »
La présence de Paris et Nicky Hilton a ancré cette reconstitution dans une réalité tangible. Figures centrales des chroniques mondaines des années 2000, les sœurs Hilton incarnaient le lien direct entre l’âge d’or du clubbing de l’époque et l’événement actuel. Leur participation n’était pas seulement une présence remarquée, mais une validation symbolique de l’hommage rendu par le magazine.
Cette soirée s’inscrit dans un cadre plus large que la simple fête de calendrier. Elle accompagne la sortie du numéro « Style Issue » de septembre 2026, dont l’un des piliers éditoriaux est une vaste histoire orale consacrée au Bungalow 8. Ce dossier, intitulé « The 8 Ball: An Oral History of Bungalow 8 » et signé par Derek C. Blasberg, retrace la trajectoire de ce lieu qui a redéfini les codes de la nuit à Manhattan. La fête à NoHo fonctionnait ainsi comme une extension physique de ce travail de mémoire journalistique.
Un numéro de septembre sous le signe de Marc Jacobs
Au-delà de la nostalgie nocturne, l’événement célébrait également l’esthétique du présent à travers la couverture du magazine. Pour ce numéro de septembre, le choix s’est porté sur le créateur Marc Jacobs, dont le portrait a été réalisé par l’artiste Anna Weyant. Cette collaboration entre une figure majeure de la mode américaine et une peintre dont le style dialogue avec l’histoire de l’art souligne l’ambition du dossier style de cette année : croiser les disciplines et les époques.
L’organisation de cette soirée unique confirme la stratégie de célébration du patrimoine culturel urbain. Bien que la transformation du sous-sol de NoHo ait été spectaculaire, elle demeure strictement limitée à cette date du 13 septembre 2026. Aucune pérennité n’est prévue pour ce lieu, et le budget alloué à une telle production éphémère reste confidentiel. Cette brièveté renforce l’aspect exclusif de l’événement, rappelant que la mode, tout comme les nuits les plus marquantes de New York, repose sur l’art de l’instant. En quittant les palmiers de NoHo pour retrouver les rues de Manhattan, les convives ont laissé derrière eux une parenthèse qui, le temps d’une nuit, a fait revivre l’esprit de Chelsea au cœur de la Fashion Week.

