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Ajouter Texture à GooglePerché sur les collines de Los Angeles, le domaine de Flamingo Estate s’étend sur sept acres de jardins luxuriants et de vergers en restanques. Ce bastion de l’art de vivre californien, dirigé par Richard Christiansen, a récemment ouvert les portes de ses réserves privées à l’occasion d’une opération intitulée « The Great Estate Sale ». Entre le 24 et le 27 septembre 2026, cette vente éphémère a proposé une immersion dans l’esthétique de la marque, mêlant des pièces de mobilier haute couture, des accessoires de prises de vue issus de leur « Prop Closet » et une sélection de produits de bouche ou de soin. Loin d’un simple déstockage, l’événement a mis en lumière une collection d’objets uniques, souvent vus dans les campagnes éditoriales du domaine, désormais dispersés auprès de collectionneurs privés.
Design radical et sculptures domestiques
Au sommet de cette sélection figurait une pièce majeure de l’histoire du design italien : le fauteuil-sculpture UP7, plus connu sous le nom de « Il Piede » (Le Pied). Conçue en 1969 par Gaetano Pesce pour B&B Italia, cette œuvre en mousse de polyuréthane moulée défie les conventions du mobilier traditionnel. Avec ses dimensions imposantes (80 cm de hauteur pour 160 cm de profondeur), cet objet hybride entre l’art pop et le surréalisme figurait parmi les lots les plus scrutés de la vente. Bien que le prix de cette pièce spécifique n’ait pas été affiché publiquement, son statut de « one-of-one » au sein des archives du domaine en faisait l’élément central de la vacation.
Le dialogue entre les formes organiques et les matériaux industriels se poursuivait avec le fauteuil Corallo, une création de 2004 signée par les frères Fernando et Humberto Campana pour Edra. Ce treillis de fil d’acier plié à la main illustre la capacité du domaine à intégrer des pièces de design exigeantes dans un cadre naturel. Plus délicate, la verrerie occupait également une place de choix avec une coupe monumentale en verre de Murano, réalisée selon la technique du Sommerso. Cet objet sculptural, présentant un dégradé de bleu aqua, d’améthyste et de rose enchâssé dans le cristal, avait été détourné par le studio de création de la marque pour servir de porte-savon lors de séances photographiques.
L’art du thé et l’esthétique postmoderne
L’univers de la table représentait une part importante de ces archives, avec une prédilection pour le courant Memphis et l’artisanat de luxe. Un service à café complet, dessiné par Ettore Sottsass pour Lagostina dans les années 1980, était proposé au prix de 1 500 $. Issu de la collection Accademia, cet ensemble en métal vert menthe aux poignées anthracite incarne la rigueur géométrique et l’humour du design postmoderne. À l’opposé de cette rigueur chromatique, un service à thé de l’artiste mexicain Salvador Terán, en laiton martelé et mosaïques de verre orange, rappelait l’ancrage de Flamingo Estate dans une tradition artisanale mondiale.

La porcelaine française était également représentée par un service de la maison Haviland Limoges. Le modèle « Torse », caractérisé par ses côtes torsadées blanches, était proposé à 750 $ pour un ensemble de quatre pièces. D’autres lots, plus hétéroclites, complétaient cet inventaire : une théière cérémonielle himalayenne incrustée de turquoises et de coraux, des pièces en métal argenté Art Déco affichant une patine d’usage volontaire (325 $), ainsi que des céramiques peintes de Robert Picault et des assiettes signées Nanette Vacher.
Du « Prop Closet » aux réserves de l’épicerie fine
Parallèlement à ces objets de collection, la vente a permis d’accéder aux stocks de la marque avec des remises atteignant 60 %. Les produits qui ont fait la renommée du domaine, comme le savon liquide à la tomate « Heirloom Tomato », étaient proposés dans leurs flacons en verre à des tarifs préférentiels (20 $ contre 70 $ habituellement). Cette section de la vente regroupait également des articles de soin comme le savon pour les mains Euphoria, ainsi que des bougies parfumées, notamment le modèle Prinsesstårta.
Le volet gastronomique de l’opération mettait en avant des denrées rares issues des récoltes du domaine ou de partenariats exclusifs. Les amateurs ont pu acquérir des huiles d’olive à la truffe blanche de réserve privée ou des miels d’exception, à l’instar du miel de Dzidzilché du Yucatán et du miel de l’Himalaya. Ces produits, bien que saisonniers, participent à la construction de l’imaginaire de Flamingo Estate, où chaque condiment est traité avec la même attention qu’un objet d’art.
Modalités d’une vente exclusive
L’organisation de « The Great Estate Sale » a révélé une certaine complexité dans son exécution. Si le principe général reposait sur l’unicité des pièces issues du « Prop Closet », les méthodes d’acquisition variaient selon la nature des objets. Pour les services de table Haviland ou Sottsass, des prix fixes étaient clairement établis sur la plateforme en ligne, permettant un achat immédiat. En revanche, pour les pièces les plus imposantes ou les plus onéreuses, comme la sculpture de Gaetano Pesce ou la coupe Murano, les acquéreurs potentiels étaient invités à passer par un service de conciergerie privée via l’adresse concierge@flamingoestate.com afin d’organiser le retrait à Los Angeles ou une livraison sécurisée.
Cette approche hybride souligne la volonté de la marque de maintenir un lien direct avec sa clientèle, tout en gérant la logistique complexe liée à des objets fragiles ou de grandes dimensions. Bien que l’opération ait été officiellement clôturée fin septembre 2026, certaines références restaient consultables sur le site de Flamingo Estate, témoignant de la richesse de ces archives accumulées au fil des saisons créatives de Richard Christiansen. Cette première vente d’envergure marque une étape dans la stratégie de la marque, qui transforme ses accessoires de décor en véritables objets de désir pour les amateurs de design et de culture californienne.


