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Ajouter Texture à GoogleIl y a des montres qui cherchent à tout montrer, et d’autres qui savent ménager le regard. La nouvelle Laureato Fifty Three Gold Bridges de Girard-Perregaux appartient résolument à la première catégorie. Sous son verre, le mécanisme devient façade, architecture et spectacle : trois ponts en or rose traversent l’espace, un tourbillon anime la partie basse, tandis qu’un micro-rotor en platine se charge du remontage. Le paradoxe est savoureux : cette démonstration de haute horlogerie s’installe dans la silhouette très dessinée d’une montre de sport à bracelet intégré.
Cette rencontre entre deux tempéraments de la manufacture donne naissance à une pièce qui ne cherche pas la discrétion. D’un côté, la Laureato, née en 1975, avec son boîtier en acier, sa lunette octogonale et son bracelet en maillons en H. De l’autre, la tradition des Trois Ponts d’Or, signature mécanique dont Girard-Perregaux fait ici une composition frontale. La Laureato Fifty Three Gold Bridges ne tente pas de fondre complètement ces deux langages : elle les place en tension, et c’est précisément là que se joue son caractère.
Le sport-chic comme écrin mécanique
Le boîtier adopte un diamètre de 41 mm pour 10,85 mm d’épaisseur. Il dépasse donc les proportions habituelles de 39 mm associées à la Laureato Fifty, y compris à certaines déclinaisons à tourbillon. Cette croissance n’est pas anodine : elle offre l’espace nécessaire au calibre ouvert et donne à la montre une présence plus affirmée au poignet.
Girard-Perregaux conserve toutefois l’acier pour la carrure et le bracelet, choix qui maintient la pièce dans le territoire historique de la Laureato. La lunette octogonale, elle, est réalisée en or gris. Ce détail modifie sensiblement la lecture de l’ensemble. L’acier apporte une franchise presque utilitaire, quand l’or gris introduit une lumière plus dense, moins ostentatoire que l’or jaune mais nettement plus précieuse qu’une finition entièrement acier.
Le travail des surfaces participe beaucoup à cette dualité. Polissage, brossage circulaire et brossage droit se succèdent sur la lunette et le bracelet. Les maillons en H, élément visuel déterminant de la Laureato, ne deviennent pas de simples supports à un mouvement spectaculaire : ils prolongent la géométrie du boîtier et ancrent la montre dans une idée de continuité. Le bracelet est doté d’une boucle déployante triple avec réglage fin, une attention pratique qui rappelle que cette pièce de 41 mm est pensée pour être portée, non seulement admirée sous une vitrine.

L’étanchéité est annoncée à 50 mètres, soit 5 bars. Cette donnée ne transforme pas le modèle en instrument de plongée, mais elle reste cohérente avec son ADN de montre sportive de luxe. Ici, la notion de sport ne renvoie pas à l’exploit ou à la robustesse brute. Elle désigne plutôt une certaine liberté de port, celle d’un boîtier acier-bracelet intégré capable d’accueillir un niveau de finition qui appartient, lui, à une tout autre sphère.
Trois ponts, une scène ouverte
Le cadran est réduit à une périphérie : une minuterie en anneau et des index suspendus structurent le pourtour, pendant que le centre s’efface pour laisser le mouvement respirer. Les index en or rose reçoivent une matière luminescente, tout comme les aiguilles. Cette couronne extérieure offre quelques repères, mais le regard est fatalement attiré vers l’intérieur.
Les trois ponts en or rose composent le véritable visage de la montre. Leur présence n’est pas seulement décorative. À 6 heures, le pont inférieur porte le tourbillon, installé dans une cage en forme de lyre. Au centre, un second pont organise l’affichage des heures et des minutes. En partie haute, le troisième soutient le barillet ainsi que le micro-rotor en platine. La lecture de l’heure devient presque secondaire face à cette construction verticale, qui distribue les organes essentiels de la montre comme les éléments d’un relief.
Cette mise en scène réclame un peu d’attention. Les aiguilles en or rose peuvent se confondre avec les ponts lorsqu’elles viennent s’aligner sur la structure centrale. C’est le prix de cette cohérence chromatique, où l’or rose assure à la fois les fonctions mécaniques et l’affichage. La montre n’est pas illisible, mais elle n’offre pas l’évidence immédiate d’un cadran plein, contrasté, organisé autour d’index marqués.
La nuit, le rapport s’inverse en partie. La matière luminescente appliquée sur les aiguilles et les index clarifie la lecture, là où les jeux de métal et les profondeurs du mouvement se dissolvent. C’est une situation assez rare pour être relevée : la Laureato Fifty Three Gold Bridges peut se montrer plus facile à déchiffrer dans l’obscurité qu’en pleine lumière, lorsque les reflets rivalisent avec les contours des aiguilles.
Le mouvement comme signature personnelle
À l’intérieur, Girard-Perregaux emploie une déclinaison inédite du calibre GP09620, conçue spécifiquement pour cette référence. Ce mouvement automatique, baptisé GP09620-2856, compte 303 composants. Sa construction révèle 418 angles polis à la main, chiffre qui traduit le temps consacré aux opérations de terminaison, loin des seules performances chiffrées.

Le calibre bat à 21 600 alternances par heure, soit 3 Hz, et dispose d’une réserve de marche de 55 heures. Les fonctions restent volontairement réduites : heures, minutes et secondes. Rien ne vient perturber l’organisation des ponts ni distraire du tourbillon. Dans une pièce de ce type, la sobriété fonctionnelle ne relève pas d’un manque ; elle sert à préserver la lisibilité de l’architecture.
Chaque exemplaire est monté intégralement par un seul horloger. Ses initiales sont gravées sur le mouvement aux côtés du logo de la maison. Dans l’univers très codifié de la haute horlogerie, ce détail change la relation à l’objet. Il ne s’agit plus seulement d’un calibre identifié par une référence, mais d’un mécanisme dont l’assemblage final porte la trace nominative de la personne qui en a assuré l’exécution.
Le micro-rotor en platine mérite également l’attention. Son intégration contribue à préserver une vue dégagée sur les ponts et les organes du mouvement, là où une masse oscillante centrale aurait occulté une large partie de la composition. Ce choix technique est donc aussi un choix de mise en scène. Il permet au remontage automatique de cohabiter avec un cadran largement ajouré sans en compromettre l’ambition visuelle.
Une Laureato qui accepte l’excès
La Laureato Fifty Three Gold Bridges se situe à un endroit particulier de la collection. Elle reprend les codes les plus reconnaissables de la Laureato, mais les soumet à une ambition qui dépasse la logique habituelle de la montre sport-chic. Son prix, fixé à 144 000 livres sterling, le confirme : cette référence ne vise pas le même rapport à l’objet qu’une Laureato classique. Elle s’adresse à ceux qui souhaitent voir la tradition des Trois Ponts d’Or s’exprimer dans un dessin contemporain, avec les contraintes et les contrastes que cela implique.
Cette association produit une montre plus clivante qu’une version conventionnelle. Les amateurs de cadrans équilibrés pourront regretter que les aiguilles se perdent parfois dans la structure. Ceux qui viennent chercher un exercice de mécanique visible y trouveront au contraire une pièce presque théâtrale, où chaque composant est invité à tenir son rôle. L’acier et le bracelet intégré empêchent toutefois le résultat de basculer dans le pur objet de salon : la Laureato conserve une forme de nervosité urbaine.
La référence 99112-58-3619-1CM ne cherche donc pas à remplacer la Laureato en acier dans sa fonction première. Elle en propose une lecture plus radicale, plus sculpturale, où le boîtier devient le cadre d’un mouvement traité comme un paysage. Les informations complètes sur cette Laureato Fifty Three Gold Bridges sont disponibles sur le site de Girard-Perregaux.


