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Ajouter Texture à GoogleUne montre rectangulaire oblige toujours son dessin à parler plus fort. Là où le rond se fait facilement consensuel, l’angle affirme une intention, impose une présence, réclame une certaine tenue du poignet. Avec la Dána 141, Nomadic Watches prend précisément ce risque. La jeune maison de Belfast, jusqu’ici associée à des instruments plus directement tournés vers l’usage, déplace son langage vers le registre de l’élégance habillée sans renier l’énergie industrielle qui nourrit son identité.
Ce déplacement n’a rien d’anecdotique. Fondée en Irlande du Nord et installée à Belfast, Nomadic a construit une part de son imaginaire autour des docks et des chantiers navals de la ville. Ses montres-outils, notamment la plongeuse Maraí, regardaient du côté de l’histoire maritime locale et de la place de Belfast dans la construction du Titanic. La Dána 141 change de décor : moins de profondeur, davantage de ligne ; moins d’équipement, plus d’architecture. Elle inaugure surtout une nouvelle silhouette pour la marque, celle de sa première montre de forme rectangulaire destinée à accompagner une allure plus formelle.
Le rectangle comme prise de position
Son nom annonce la couleur. « Dána » signifie « audacieux » en anglais, et la montre ne cherche pas à tempérer ce programme. Son boîtier en acier s’étire sur 39,6 mm de corne à corne pour 28 mm de large, avec une hauteur contenue de 8,3 mm. Dans l’univers des montres rectangulaires, ces proportions la placent dans une zone équilibrée : suffisamment présente pour ne pas disparaître au poignet, mais sans l’effet massif qu’une géométrie aussi affirmée peut rapidement produire.
La Dána 141 tire son caractère de ses volumes plutôt que d’un décor accumulé. Les surfaces larges et planes du boîtier évoquent une construction nette, presque graphique. Les cornes facettées donnent du relief à l’ensemble, tandis que l’alternance de parties brossées et polies organise la lumière sur l’acier. C’est ici que l’héritage industriel de Nomadic trouve une expression moins littérale : non plus par la vocation d’une montre de plongée, mais par une manière de traiter les arêtes, les plans et les finitions.

Le rectangle a aussi cette particularité de rendre chaque choix très visible. Il ne pardonne ni l’épaisseur excessive ni les proportions indécises. Nomadic a donc concentré le dessin sur une construction franche, qui privilégie les lignes lisibles. La résistance à l’eau est annoncée à 30 mètres, soit 3 bars : une donnée cohérente avec le rôle de montre habillée que revendique ce modèle, plus à l’aise avec une manche de veste qu’avec un équipement de plongée.
Un cadran nourri d’Art déco
Le cadran constitue l’autre bascule de la Dána 141. Nomadic propose trois déclinaisons : Moonlight White, Emerald Green et Black Velvet. Trois couleurs, mais une même composition, fondée sur une zone centrale parcourue de rayures verticales. Cet élément donne de la profondeur à la lecture et évite que l’espace rectangulaire ne se réduise à une simple surface plane.
Autour de ce centre texturé, une minuterie de style chemin de fer trace un cadre précis. Les heures ne sont pas distribuées tout autour du cadran : seules les positions 12, 3, 6 et 9 structurent l’affichage. Ce parti pris renvoie directement au vocabulaire Art déco, avec sa préférence pour les axes, les symétries et les découpes franches. Le dessin demeure ordonné, sans sombrer dans la surcharge.
Les aiguilles centrales des heures et des minutes sont squelettées. Leur évidement laisse apparaître le motif vertical placé sous elles, détail discret mais déterminant dans la perception du cadran. Plutôt que de masquer sa matière, la montre l’expose par intermittence, au rythme de la lecture du temps. Sur une pièce dont l’ambition est autant vestimentaire que mécanique, cette transparence apporte une légère tension entre la sobriété des repères et la complexité du décor central.
La version blanche Moonlight White pousse l’ensemble vers une expression plus lumineuse. Emerald Green installe une présence chromatique plus marquée, tandis que Black Velvet joue une partition plus sombre. La différence ne relève donc pas d’un changement de dessin, mais de tempérament. La structure reste identique ; la couleur module la façon dont les rayures, les chiffres cardinaux et les aiguilles ajourées se détachent à la surface.

Le choix du remontage manuel
La décision la plus révélatrice se trouve peut-être au dos. Nomadic équipe la Dána 141 d’un calibre LJP D101 de La Joux-Perret à remontage manuel. Dans une montre habillée, ce choix introduit un rapport plus conscient à l’objet : le geste quotidien du remontage devient une partie de l’usage, plutôt qu’une contrainte dissimulée. Le mouvement fonctionne à 21 600 alternances par heure, soit 3 Hz, et offre 50 heures de réserve de marche.
Il est visible à travers un fond transparent. La fenêtre, circulaire pour épouser la forme du calibre, contraste avec le cadre rectangulaire de la montre. Tout autour, l’acier reçoit un brossage vertical. Le mouvement, lui, présente une décoration de Côtes de Genève. Cette construction de fond de boîte évite de forcer un mécanisme rond dans une mise en scène artificiellement rectangulaire : Nomadic assume au contraire la rencontre de deux géométries.
Le fond laisse également voir les barrettes à pompe rapide du bracelet. C’est un détail pratique, mais il participe à la versatilité de la Dána 141. Quatre options sont prévues : cuir Classic Croc, cuir Alran Chèvre, suède vert ou bracelet milanais en maille métallique. À chaque matière correspond une lecture différente du boîtier. Les cuirs prolongent son caractère de montre habillée ; la maille milanaise accentue le jeu métallique de l’acier et des finitions alternées ; le suède vert répond directement à la version Emerald Green sans constituer une obligation de ton sur ton.
Une porte d’entrée dans l’univers Nomadic
Affichée à 1 250 livres sterling, la Dána 141 se situe dans la partie basse de l’offre Nomadic. Elle prend place entre la Maraí de plongée et les modèles GMT ou chronographes positionnés plus haut dans la collection. Cette place tarifaire donne du relief à son ambition : la montre ne se présente pas comme une variation décorative sur une recette existante, mais comme un accès à une autre facette de la marque, portée par un mouvement La Joux-Perret et par une silhouette peu commune dans son catalogue.
La Dána 141 ne cherche pas à dissimuler ses contrastes. Boîtier anguleux et mouvement circulaire, mémoire des chantiers navals et références Art déco, dessin robuste et usage de ville : c’est de ces oppositions qu’elle tire son intérêt. Pour découvrir les différentes configurations et les informations de la collection, rendez-vous sur le site de Nomadic Watches.


