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Ajouter Texture à GoogleLe 21 novembre 2027, à Saint John’s, sur l’île d’Antigua, quatre-vingt-quatorze personnes au plus monteront à bord d’un navire de 180 mètres. Le rapport entre ces deux chiffres résume à lui seul le projet. L’Amangati, premier bateau d’Aman at Sea, n’a pas été pensé comme un paquebot réduit. C’est un resort Aman auquel on a donné une coque, une étrave et un capitaine. Après une première saison méditerranéenne, il passera l’hiver 2027-2028 dans les Caraïbes, avec dix-neuf croisières programmées entre la fin novembre et la fin mars.
Une maison d’hôtellerie qui change d’élément
Le montage financier en dit autant que les plans du navire. Aman at Sea est une coentreprise, portée par l’entité Neptune Co., entre le groupe hôtelier suisse Aman Group, présidé par Vladislav Doronin, et Cruise Saudi, filiale détenue à 100 % par le PIF, le fonds souverain saoudien. Jonathan Wilson dirige la nouvelle division. La passerelle a été confiée en octobre 2026 au capitaine Ertan Vasvi, passé par Seabourn comme commandant et par Silversea comme officier supérieur. Il est chargé de superviser la phase finale de la construction avant de prendre le commandement.
Le navire a longtemps circulé sous un nom de code, Project Sama, et un numéro de coque, MAR221. Son nom définitif vient du sanskrit et signifie « mouvement paisible ». Il est construit à Gênes par le chantier T. Mariotti et dessiné, à l’intérieur comme à l’extérieur, par l’agence néerlandaise Sinot Yacht Architecture & Design. Le calendrier industriel a été tenu jusqu’ici : quille posée en juillet 2024, coque mise à flot fin juillet 2026 dans le port génois, livraison et mise en service prévues en mai 2027, en Méditerranée. Il battra pavillon maltais, avec La Valette pour port d’attache.
Dix-neuf départs, annoncés en deux temps
Le programme caribéen n’a pas été dévoilé d’un bloc. En juin 2026, Aman at Sea annonçait sept croisières entre le 21 novembre 2027 et le 2 janvier 2028, soit la période des fêtes, la plus courue de la saison dans les îles. En octobre 2026, la compagnie a officialisé une prolongation : douze départs supplémentaires de janvier à mars 2028. La saison s’achèvera le 20 mars. Entre la Méditerranée, exploitée de mai à octobre 2027, et les Antilles, le navire effectuera une traversée de l’Atlantique.
Le format reprend une logique de séjour plutôt que de grande traversée. Les voyages durent de cinq à huit nuits et peuvent s’enchaîner. On peut donc embarquer pour un long week-end prolongé ou combiner plusieurs itinéraires et passer une partie de l’hiver à bord.

Une carte faite de mouillages discrets
La liste des escales confirme l’intérêt d’un gabarit qui, malgré sa longueur, reste modeste par sa capacité. Les grands ports de croisière y sont rares. Les mouillages de petite taille y sont nombreux. Au nord de l’arc antillais, le navire passera par Gustavia à Saint-Barthélemy, Saint-Christophe-et-Niévès, Barbuda, Jost Van Dyke et Virgin Gorda dans les îles Vierges britanniques, Philipsburg à Saint-Martin, Saba, Little Bay à Montserrat et Prickly Pear Cay, au large d’Anguilla.
Plus au sud, l’itinéraire relie Saint John’s à Bridgetown, à la Barbade, en passant par les îles des Saintes en Guadeloupe, Portsmouth en Dominique, les Anses-d’Arlet en Martinique, Soufrière à Sainte-Lucie, Canouan dans les Grenadines et Saint George’s à la Grenade. Les lecteurs francophones remarqueront la place accordée aux Antilles françaises, avec les Saintes et les Anses-d’Arlet, deux escales où l’on débarque en annexe plutôt qu’à quai.
Le programme s’étend aussi aux Caraïbes néerlandaises (Aruba, avec Oranjestad, Bonaire et Curaçao). La prolongation hivernale de 2028 ajoute une incursion dans les Grandes Antilles, en République dominicaine, avec des escales à Samaná, Cap Cana et La Romana.
180 mètres pour quarante-sept suites
La presse et le constructeur parlent volontiers d’un navire de 600 pieds. Le chiffre est arrondi : les 180 mètres officiels de la coque correspondent à environ 590,5 pieds. La jauge, estimée autour de 23 000 tonneaux dans les milieux techniques, ne figure pas dans la communication grand public d’Aman. Le reste de la fiche est précis : neuf ponts et une propulsion bicarburant au GNL, appuyée par une batterie de 5 MW.
À bord, le nombre de passagers est plafonné à 94, répartis dans 47 suites qui ont toutes une terrasse privée tournée vers la mer. Cinq suites supplémentaires, dites « Host Suites », sont réservées au personnel qui accompagne certains voyageurs. La suite d’entrée de gamme, la Deluxe, mesure 49,2 m² à l’intérieur et environ 60,7 m² avec sa terrasse. À l’autre extrémité, l’Aman Suite totalise 354 m², dont 183,1 m² intérieurs et 170,8 m² de terrasse circulaire. Elle dispose d’un ascenseur privé, d’un sauna, d’une salle de massage et d’une cuisine dédiée. Chaque suite a son « Suite Host », un majordome attitré.

L’effectif total de l’équipage reste en revanche incertain. Les documents qui circulent auprès des distributeurs ne concordent pas : certains annoncent 137 navigants, d’autres jusqu’à 207. Le ratio varie donc d’environ 1,5 à 2,2 membres d’équipage par passager. La compagnie n’a pas tranché publiquement.
La restauration compte quatre adresses. Alira sert une cuisine méditerranéenne en plein air. Akari propose des sushis et un omakase, Hiori le teppanyaki, et l’Aman Grill complète l’ensemble. Des salons privés et plusieurs bars (Jazz Club, Sake Bar, Cigar Lounge) occupent les soirées. Le spa s’étend sur deux niveaux, avec huit salles de soins face à la mer équipées d’une terrasse et d’un bain à remous, une banya russe, un hammam, un medi-spa et un pont consacré au yoga et à la méditation, bordé de bassins peu profonds. À la poupe, la Selora Marina s’ouvre directement sur l’eau pour les paddles, les kayaks et la plongée libre. Des tenders aménagés comme des limousines assurent les débarquements, ce qui compte dans des mouillages comme Jost Van Dyke ou Prickly Pear Cay.
On paie la nuit, pas la croisière
Le changement le plus net concerne le prix. Aman at Sea ne vend pas de forfait individuel, comme le font les compagnies de croisière. La compagnie facture la suite, en occupation double, et la nuit, comme dans ses resorts. Les tarifs relevés en octobre 2026 donnent un ordre de grandeur : à partir d’environ 7 000 à 8 000 dollars la nuit pour les suites Deluxe, Grand et Signature (de 6 400 à 7 400 euros environ). Un départ de cinq nuits commence autour de 38 000 à 38 500 dollars (environ 35 000 à 35 500 euros). Pour six à huit nuits, il faut compter de 48 000 à 75 600 dollars (environ 44 000 à 70 000 euros) selon les dates et la catégorie. Pour l’Aman Suite, Jonathan Wilson a avancé une fourchette de 25 000 à 30 000 dollars la nuit, soit environ 23 000 à 27 600 euros.
Ce tarif comprend tous les repas chez Alira, le petit-déjeuner en suite, les rafraîchissements, la bière et les boissons sans alcool, l’accès à la marina et à ses équipements nautiques légers, les pourboires, le pressing standard et le Wi-Fi Starlink. Les dîners chez Akari, Hiori et à l’Aman Grill sont facturés en supplément, tout comme les grands vins, les champagnes, les spiritueux haut de gamme et les soins du spa.
Le programme officiel 2027-2028 se limite à la Méditerranée et aux Caraïbes. Des itinéraires en mer Rouge avaient été évoqués au moment de l’association avec Cruise Saudi, mais aucun n’a été publié. Les conditions de réservation, elles, sont fixées : 25 % d’acompte à la confirmation, solde exigible 150 jours avant le départ. Pour l’appareillage inaugural de Saint John’s, le 21 novembre 2027, le solde tombe donc fin juin 2027, quelques semaines après la livraison du navire à Gênes.


