À Malibu, cette maison à 14,5 millions de dollars s’offre les étoiles avec son propre observatoire privé

Ross Estate 27549 Pacific Coast Highway Malibu private observatory 2026
Photo © Douglas Elliman — via http://www.elliman.com/listing/27549-pacific-coast-hwy-malibu-ca-90265/35427634

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À Malibu, presque tout regarde la mer. Les baies vitrées, les terrasses, les chaises longues : l’architecture côtière s’organise autour de la ligne d’horizon. Au 27549 Pacific Coast Highway, une pièce fait exception. Elle tourne le dos à l’écume et vise le ciel, avec un télescope Meade LX200 GPS de 14 pouces logé dans un observatoire de niveau professionnel intégré à la maison. Ce détail donne sa singularité à The Ross Estate, mis en vente le 14 octobre 2026 au prix de 14 500 000 dollars.

Une falaise entre un canyon et une péninsule

La propriété occupe une falaise côtière entre Escondido Canyon et la péninsule de Point Dume, côté terre de la Pacific Coast Highway. Ce choix d’implantation a son revers : pas d’accès direct au sable. Il a surtout son avantage, la hauteur. Depuis le terrain, le regard embrasse l’océan Pacifique de la péninsule de Palos Verdes jusqu’à la baie de Santa Monica, soit un arc que les maisons posées au ras de la plage n’obtiennent pas.

Le domaine s’étend sur 2,033 acres, un peu plus de 8 200 m². Sur cette côte où les parcelles se mesurent souvent en mètres linéaires de façade maritime, la surface autorise ce que l’on trouve rarement dans le même lot : un court de tennis éclairé, une piscine et des jardins. La maison compte environ 839 m² habitables (9 032 pieds carrés sur les plans, arrondis à « environ 9 000 » dans la description commerciale), répartis autour de six chambres.

Gelman, 1996, et ce qu’il en reste

La première version de la maison date de 1996. Elle porte la signature d’Ellis David Gelman, qui l’a dessinée dans un registre que l’on range volontiers sous l’étiquette de modernisme organique : des lignes nettes, mais des matériaux qui ne cherchent pas à disparaître. Béton, verre et bois exotiques se répondent sans qu’aucun ne domine.

De ce dessin d’origine, un élément a été conservé tel quel et sert aujourd’hui de signature à l’ensemble : un large mur extérieur courbe en béton. Dans une architecture faite de plans droits et de grandes surfaces vitrées, cette courbe minérale introduit un mouvement, et rappelle que la maison n’est pas née d’hier. Il est rare qu’une rénovation d’envergure sur la côte californienne choisisse de garder une pièce aussi massive du projet initial. Ici, elle a été traitée comme un héritage plutôt que comme un obstacle.

Meade LX200 GPS 14 inch telescope observatory 2026
Photo © Telescopes Plus — via https://www.telescopesplus.com/products/meade-12-inch-lx200-acf-advanced-coma-free-telescope-with-uhtc

La seconde main de Carolbeth Cozen

La rénovation et l’agrandissement ont été confiés à Carolbeth Cozen, architecte membre de l’AIA, à la tête de Cozen Architecture. Le dossier de vente ne précise pas la date de cette intervention. Ce qu’il montre, en revanche, c’est une manière de prolonger le vocabulaire de Gelman sans le pasticher.

Le geste le plus lisible est une galerie centrale de 100 pieds de long, un peu plus de 30 mètres. Ce couloir distribue la maison sous un plafond translucide de marque Kalwall, un matériau qui filtre la lumière du jour et la diffuse de manière homogène, sans ombres franches. La circulation devient ainsi un espace en soi, éclairé par le haut, à l’inverse des pièces de réception qui reçoivent la lumière de côté, depuis l’océan.

Dans la grande salle, ces pièces de réception s’ouvrent justement sur la terrasse par des murs de verre escamotables d’environ 3,35 mètres de haut (11 pieds dans le dossier principal ; certaines brochures partenaires avancent 12 pieds, soit 3,65 mètres). Une fois les panneaux repliés, la limite entre salon et extérieur s’efface. Lumière zénithale d’un côté, lumière horizontale de l’autre : la maison joue sur deux sources, et l’observatoire en ajoute une troisième, nocturne celle-là.

Un télescope au bout du bureau

L’observatoire n’est pas une coupole posée au fond du jardin. Il est intégré à la résidence et relié à un bureau exécutif, ce qui en fait le prolongement d’une pièce de travail plutôt qu’une folie isolée. L’instrument qui l’équipe, le Meade LX200 GPS de 14 pouces, appartient à la catégorie des télescopes motorisés et pilotés par GPS, conçus pour un usage sérieux.

L’endroit aurait aussi servi au-delà du cercle familial : des séances d’initiation à l’astronomie y auraient été organisées pour des étudiants de la région. L’information circule dans les comptes rendus consacrés à la maison, mais n’apparaît dans aucun document officiel d’enregistrement du bien. On s’en tiendra donc au conditionnel. Reste l’idée, séduisante, d’une maison de Malibu ouverte aux lycéens venus regarder le ciel.

The Ross Estate Malibu cliffside swimming pool 2026
Photo © YouTube — via https://www.youtube.com/watch?v=5ENRu5wpQA0

Le quotidien, côté terre

Loin de l’oculaire, la maison fonctionne comme une résidence familiale de grande taille. La cuisine a été aménagée par l’allemand Poggenpohl et équipée d’appareils Wolf, Sub-Zero et Miele, avec un office traversant qui sert de garde-manger. Elle donne sur une salle familiale attenante, ce qui la place au centre de la vie quotidienne plutôt qu’en coulisses.

La suite principale dépasse les 130 m², davantage que bien des appartements. Elle dispose d’un patio privatif, d’un bureau, de deux dressings indépendants et d’une salle de bain où trône une baignoire en cuivre, doublée de deux toilettes séparées. Un jardin zen complète l’ensemble. Le dossier officiel recense par ailleurs dix salles de bain dans la maison, huit complètes et deux salles d’eau d’appoint ; plusieurs annonces en circulation en comptent neuf, un écart que le vendeur devra lever.

À l’extérieur, la piscine est décrite comme de style « resort », avec une terrasse bordée de palmiers. Le court de tennis éclairé permet de jouer après le coucher du soleil, à l’heure où l’observatoire prend le relais. Une salle de jeux indépendante, détachée du corps principal, complète le programme.

Un quart de siècle avec les mêmes propriétaires

Robyn et Rick Ross ont acquis la maison fin 1999, trois ans à peine après sa construction. Leur nom est resté attaché au domaine, et c’est sous l’appellation The Ross Estate qu’il est aujourd’hui commercialisé. Une détention aussi longue est peu courante sur un marché où les grandes propriétés changent souvent de mains, et elle explique en partie la cohérence de l’ensemble : la rénovation de Carolbeth Cozen s’est faite sur une maison habitée, et non sur un bien remis à neuf pour la revente.

Le mandat a été confié conjointement à Peter Hernandez (Side, Inc.) et à Jonathan Butler (Douglas Elliman Real Estate). Le bien figure sous la référence MLS 26101679. Le prix demandé, 14,5 millions de dollars, représente une contre-valeur indicative d’environ 13,4 millions d’euros au cours de novembre 2026 ; seul le montant en dollars fait foi. À cette date, la maison était toujours à vendre, son télescope pointé vers un ciel que le prochain propriétaire choisira, ou non, de partager.