PwC Fashion Summit : la mode, la joaillerie et le sport sous les projecteurs le 11 novembre

Como 1907 lifestyle collection 2026
Photo © SoccerBible — via https://www.soccerbible.com/lifestyle/sneakers/2026/02/adidas-gave-como-1907-its-own-shoe/

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Que vient chercher un club de football sur le terrain du luxe ? Avec Como 1907, la question quitte le registre de la curiosité pour entrer dans celui de la stratégie. Son président, Mirwan Suwarso, présentera à Milan un projet qui fait du sport le point de départ d’une marque de mode et de lifestyle à vocation mondiale. Cette trajectoire offre une entrée éclairante dans les débats du prochain Fashion Summit : pour comprendre ce qui donne aujourd’hui sa valeur à une marque, regarder ses produits ne suffit plus. Il faut aussi examiner les territoires qu’elle investit et la relation qu’elle construit avec ses clients.

Le stade, nouveau laboratoire de la mode

Le rendez-vous milanais, dont la 31e édition se tiendra le 11 novembre au Palazzo Mezzanotte, consacrera cette année un volet spécifique au sport. Ce choix mérite attention. L’intérêt croissant de la mode pour cet univers accompagne un secteur qui poursuit son développement et offre d’autres perspectives que celles des catégories traditionnelles du luxe.

Como 1907 en proposera une lecture par l’extension de marque. Le club cherche à convertir sa présence sportive en possibilités de développement hors du terrain, jusqu’à prendre place dans le lifestyle et le haut de gamme. Suwarso détaillera ce passage du football à la mode. L’enjeu est celui de la légitimité : comment élargir son domaine sans perdre ce qui rend une marque reconnaissable ?

Gianluca Pavanello, directeur général de Macron, apportera un éclairage différent. L’entreprise italienne travaille au développement et à la production de vêtements et d’équipements sportifs, tout en étant active dans le sponsoring. D’un côté, un club déploie son identité au-delà du match ; de l’autre, un équipementier inscrit son activité dans la pratique sportive. Leur présence commune permettra d’aborder les rapports entre sport et mode autrement que par leur seule proximité visuelle.

Le prix ne peut plus tenir lieu de discours

Ce détour par le football ramène à une interrogation très concrète : qu’accepte-t-on de payer, et pourquoi ? La politique tarifaire sera l’un des principaux sujets du sommet. Elle sera mise en regard de l’expérience, dont le poids dans la décision d’achat tend désormais à rivaliser avec celui du produit, voire à le dépasser.

Pour les maisons, cela déplace le débat. Un prix appartient à une grille ; la valeur perçue dépend d’un ensemble plus difficile à maîtriser. Le produit demeure, mais ce qui l’entoure intervient aussi dans le choix. Le programme milanais invite ainsi à ne pas séparer la discussion sur les tarifs de celle sur les raisons d’acheter.

Il serait pourtant prématuré d’y voir l’effacement de l’objet. La maroquinerie, la chaussure, la joaillerie et la lunetterie seront largement représentées. Leurs dirigeants devront plutôt éclairer une tension : comment donner davantage de poids à l’expérience sans rendre secondaire la proposition matérielle ? À travers ces métiers, le sommet pourra confronter les discours de marque à des résultats commerciaux précis.

Les investisseurs redessinent les périmètres

Une autre manière de lire ces transformations consiste à suivre les prises de participation. Marquee Brands a récemment signé un accord visant l’acquisition d’une participation majoritaire dans Roberto Cavalli, dans le cadre d’un partenariat stratégique avec Damac Group. Heath Golden, directeur général du groupe américain, reviendra sur les ressorts de cette opération et sur les perspectives qu’il identifie dans le haut de gamme.

Le cas Cavalli pose une question différente de celle soulevée par Como 1907 : non pas comment entrer dans la mode depuis un autre univers, mais comment développer une maison déjà installée dans le luxe. L’accord annoncé constitue ici le point de départ de la discussion, pas encore la démonstration de ses résultats.

Style Capital permettra d’examiner une autre configuration. Après l’entrée d’Autry dans son portefeuille en 2024, la société de gestion a acquis la majorité de N°21 auprès de Gilmar, son partenaire industriel historique. Ces deux dossiers rapprochent, sous un même regard financier, une marque de chaussures et une griffe de mode.

Roberta Benaglia, directrice générale et associée fondatrice de Style Capital, échangera avec Alessandro Binello, directeur général de Quadrivio Group. La table ronde sera animée par Emanuela Pettenò, responsable des marchés de consommation et des opérations transactionnelles chez PwC Italia. Le volet opérationnel trouvera un prolongement dans l’intervention de Danilo Piarulli, à la tête d’Autry depuis septembre, qui exposera la stratégie de la marque. Une façon de rapprocher la décision d’investir du travail nécessaire pour la traduire en développement.

Mulberry, l’épreuve des chiffres

Le redressement de Mulberry apportera un contrepoint aux discussions sur les acquisitions. Andrea Baldo, son directeur général, présentera la relance de la maison britannique de maroquinerie, dont la direction créative est assurée par Christopher Kane. Ici, l’examen portera sur une trajectoire commerciale déjà chiffrée.

Pour le premier semestre de son exercice, clos le 26 septembre 2026, Mulberry a enregistré une progression de ses ventes de 18,1 % à taux de change courants et de 18,2 % à taux constants. Toutes les zones géographiques ont contribué à la hausse. L’écart minime entre les deux mesures permet de distinguer cette progression d’un simple effet de change.

Ces données donnent de la consistance au récit de relance, sans en expliquer à elles seules les mécanismes. L’intervention de Baldo sera donc l’occasion d’examiner les choix qui l’accompagnent. Dans un sommet consacré en partie au prix et à l’expérience, ce cas offrira surtout un point d’appui concret : une hausse des ventes dont il faudra comprendre les moteurs, plutôt que lui attribuer d’avance une recette.

Bijoux et lunettes, d’autres lectures de la croissance

La joaillerie élargira encore la perspective. Massimo Basei, directeur commercial de Pandora, présentera le parcours du groupe danois, qui dispose d’une distribution étendue à travers le monde et vient d’achever un troisième trimestre marqué par une augmentation sensible de son chiffre d’affaires. Son témoignage placera la question de la présence commerciale aux côtés de celle du désir de marque.

Maria Cristina Squarcialupi, présidente d’Unoaerre Industries, interviendra également sur ce secteur en expansion. Réunir ces regards évite de réduire l’évolution du luxe à celle des seules maisons de mode : les métiers du bijou ont leurs propres dynamiques, qu’une lecture trop générale risquerait de masquer.

La lunetterie sera, elle, abordée sous l’angle d’une recomposition industrielle. Nicola Zotta, président de l’activité eyewear de Marcolin et de Marchon, prendra la parole après l’acquisition de Marcolin par le groupe américain VSP Vision. À travers ce dossier, le programme remet les structures d’entreprise dans le champ de la réflexion, derrière les collections et les identités visibles.

Revenir au client, jusqu’à l’écran

Reste à relier ces stratégies aux comportements d’achat. Chiara Eleonora Gatti, vice-présidente chargée du luxe chez BestSecret Group, présentera les atouts de cet acteur du commerce en ligne. Sa contribution introduira un autre espace de relation avec le client, indispensable à une discussion sur l’expérience.

Erika Andreetta, associée de PwC Italy et responsable mode et luxe pour la région EMEA, ainsi qu’Alessandra Mengoli, responsable du panel consommateurs mode et du développement stratégique chez Sita Ricerca, compléteront les interventions. Leurs analyses permettront de mettre en regard les décisions des entreprises et l’évolution de la consommation.

Le 11 novembre, ces échanges auront lieu dans le bâtiment de la Bourse de Milan, au Palazzo Mezzanotte. Le dispositif sera hybride : une partie du public assistera aux débats sur place, tandis que les participants à distance pourront suivre l’ensemble du sommet en streaming, sur inscription.